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29 octobre 2015

Berne - Premières impressions

Bern(e). Ma nouvelle ville. Découvrir un nouveau pays et une nouvelle ville où l’on va vivre est bien différent de les découvrir en voyage. L’inconnu devient une source de questions et d’interrogations sur la nouvelle vie qui s’annonce, le stress et les obligations prennent le pas sur la découverte. Pourtant, j’ai eu envie de découvrir cette ville avec les yeux émerveillés du voyageur. Alors quelques heures, j’ai délaissé mon habit de jeune emménagée pour partir visiter ma nouvelle ville. Et j’ai rencontré une ville que j’ai envie d’explorer, et où j’ai envie de vivre (ça tombe bien !). Premières impressions sur une nouvelle vi(ll)e.


Berne, capitale fédérale, et pourtant si différente que la Capitale française que j’ai trop connue. La modernité fait ici face à la tradition, des chalets à l’ancienne et des toits traditionnels face aux immeubles à la géométrie moderne trop carrée. Le tout enveloppé d’un couvert de verdure aux accents automnaux. Des hauts et des bas, des bas et des hauts, entre les constructions parfois l’œil rencontre au loin les montagnes enherbées. Les parcs ouverts nuit et jour, et soudain la perspective. Le regard qui dégringole sous la rambarde, et la rivière et ses voisins là en bas. Capitale tout en courbes et de douceur chaleureuse. Seule la langue ici parlée est rude, insaisissable. L’envie d’explorer ces contrebas qui se dérobent à l’œil.

Reflets sur l'Aare

Mon appartement près de tout, aux côtés du centre-ville. Juste le travail est un peu plus loin, mais avoir les moutons en face de son bureau en plein dans une capitale européenne, ça n’a pas de prix ! 


Partir de chez moi, me laisser entrainer dans la descente. Une école au milieu des arbres, au loin un bâtiment officiel et ancien surplombe la ville. Ces verts fades sur les feuilles qui s’éteignent comme pour laisser place aux rouges et ors automnaux qui s’éveillent. À peine plus loin, tout en bas, ce grand parc qui est l’été une piscine de plein air. Des courageux bronzent sur les planches en cette journée fraiche mais ensoleillée. Tout autour, innombrables les cabines aux portes de bois passé se tiennent au coude à coude, comme pour garder ce trésor de nature de la ville avoisinante, qui pourtant le côtoie sans le menacer.


La piscine du Marzili surplombée par le Parlement

Soudain la voilà, la responsable de ces altitudes différentes. L’énergique et limpide rivière Aare, qui trace son cours sans se soucier des hommes. Quelques escaliers mènent à son chevet, pour tester ceux qui oseront braver son courant puissant. Je quitte le parc Marzili pour l’accompagner. Pour la traverser je pourrais prendre ce petit pont ici qui la caresse presque, où l’autre tout là-haut, celui qui fait le dos rond de sa colonne de métal pour éviter de trop s’approcher. Mais je choisis de la longer seulement, et de profiter des aperçus sur le lointain que son passage me donne. Quand sa route est barrée par l’Homme, elle franchit l’obstacle en grondant, au grand plaisir d’un pêcheur qui l’attend juste après sa chute.


Pont et barrage

Ici, les maisons ont des coiffures de Playmobil!

Je laisse alors l’Aare à son combat bruyant avec le barrage, et lui tourne le dos : la pente qui longe la rivière est raide mais habitée. Entre deux immeubles pourtant, bien caché se trouve un escalier. Vulgaire escalier de pierre qui tente de se faire le plus discret possible pour ne pas se révéler à tous. Seulement après quelques marches et quelques détours, la pierre cède la place au bois. Marches de bois sous un toit protecteur de la même matière, une ascension anachronique dans une pénombre aux lumières allumées même de jour, qui serpente entre les constructions. Presque en haut, des persiennes donne un dernier aperçu sur la rivière bordée de l’autre côté par la forêt.


Petit escalier de bois qui serpente sur la pente

Mais ici c’est la pierre qui prédomine. J’ai atteint le centre-ville, l’âme de Berne et le cœur de sa vie. Drôle d’uniformité dans la couleur grisâtre un peu triste des façades, mais une profusion d’arcades et de sculptures comme pour démentir cette austérité de teinte. Rues pavées, larges arcades pour abriter les piétons, à chaque bâtiment son style. Ronde ou carrée, fine ou large, sculptée ou lisse, chaque arcade proclame sa spécificité, surtout ne pas trop ressembler à sa voisine, tout en lui restant liée. Dans l’ombre des arcades se trouvent de nombreux magasins, et des armoires de verres au bord de la rue proclament leur présence. Entre les arches, de nombreuses portes penchées, comme des accès fermés à un monde souterrain et inconnu. Les rues se peuplent à nouveau, et à la rudesse du suisse-allemand-bernois se mêlent de nouvelles langues que parfois je comprends.


Arcades bernoises

Des arcades qui s’étirent ainsi dans toutes les directions et courent les rues. Parfois seulement une église aux formes élancées ou une tour de l’horloge imposante viennent troubler leur fier ordonnancement. Dans les rues des traces parallèles, au sol et dans le ciel, marquent le passage régulier des bus et des trams, dont le rouge éveille la vieille ville. D’ailleurs la gare est leur domaine. Une vague haute couvre ce cœur de ville où les longs véhicules se croisent en un ballet finement chorégraphié. Autour les Hommes se croisent et s’entremêlent dans des directions jamais prévisibles.



Laisser mes pas me porter plus avant, m’éloigner de l’animation du centre-ville. Croiser des drapeaux géants aux couleurs de pays qui n’existent pas, une ambassade des Etats-Unis aussi austère que le garde qui la surveille, une drôle de maison comme un fragment de montagne posé en ville, fièrement nommée « La Prairie », et un petit parc toujours ouvert avec une fontaine à l’eau chantante. Bientôt je retrouve un chemin qu’en quelques jours j’ai appris à reconnaitre, celui qui résonne comme le chemin de ma nouvelle maison. Marcher alors encore entre les immeubles, et puis retrouver cet appartement que je continue de m’approprier.

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9 commentaires:

  1. Superbe balade dans une ville assez mystérieuse en effet. Genève et Zurich lui volant souvent la vedette^^.
    Je suis contente de voir que tu te plaît de cette nouvelle contrée et même si j'ai bien noté une petite pique envers ma bien-aimée Paris, je ne t'en veux pas :D
    Bises et ravie de te lire de nouveau :)

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    1. Paris ne me manque vraiment pas, Berne c'est mieux :-P Je ne connais pas encore Genève et Zurich, mais j'ai le temps d'aller les découvrir :-)
      Bises Aileza <3

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  2. Très jolis clichés qui donnent envie d'aller voir par soit-même !! :)

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  3. Quelle belle visite ! Bonne installation à Berne ! :-)

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  4. bonne installation ;) en tout cas tu as l'air d'avoir un cadre superbe !

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  5. Wouah, ça c'est du changement et la ville est magnifique !
    Une raison précise t'as fait quitter la France et atterrir là ? Ou c'était juste par envie de dépaysement ?

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