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30 janvier 2019

Comment la magie s'est glissee dans ma vie

30.1.19 1 Petits Mots
L'amour des chevaux est une passion qui s'est installée depuis longtemps chez moi, et avec lui l'envie de mieux les comprendre et de leur apporter, à eux et à ces humains qui les accompagnent, plus d'épanouissement dans leur vie. De cette envie j'ai saisi une opportunité et choisi de suivre une formation de comportementaliste équin. Une formation qui m'a ouvert les portes de la magie.

La magie des chevaux bien sûr, celle qui nait d'un cheval qui vit et s'exprime, celle de la transformation qui fait briller chaque jour un peu plus le soleil intérieur de ma jument, celle de suivre mon propre chemin.

Mais aussi cette magie inattendue, celle cachée au fond de moi dernière des portes depuis longtemps fermées. Cette magie qu'on nomme parfois intuition, perceptions, énergie.

Cette magie d'un regard qui change sur le monde, qui perçoit plus, qui ressent autrement. Des ressentis parfois difficiles à mettre en mots, insaisissables, étonnants, déconcertants, et pourtant si justes.


Cette magie du lien, de la connexion. Celle qui nous rend capable de diriger le cheval simplement par l'intention. Celle qui nous oblige à l'écouter, partager ses idées pour en faire une idée commune.


Drôle d'aventure qui m'amène, moi la scientifique, moi la cartésienne, à dépasser mes croyances, mes convictions de toute une vie, pour pratiquer ce qu'on nomme « soins énergétiques». Que de murs à abattre, d'obstacles à franchir, pour accepter ce qui est en moi et en chacun de nous, et pourtant si subtil et trop souvent rejeté.

Une aventure un peu magique, si insolite, mais si belle. Et puis s'écouter, apprendre à écouter son intuition, et aller toucher cette expérience encore un peu plus magique qu'est la communication animale. Ce dialogue de cœur à cœur avec nos amis sans paroles.

Oui, définitivement, la magie a décidé de s'installer dans ma vie. Une magie surprenante, saisissante et insaisissable, et si enrichissante. Une magie à vivre et à savourer au quotidien, pour vivre, grandir, s'épanouir, en s'ouvrant un peu plus à la beauté de la vie et du vivant.

Et vous, vous la connaissez, cette magie?



Cet article a été rédigé dans la cadre de la Cavalcade des blogs organisée par Flâneries Mystiques, sur le thème de la Magie.

22 juillet 2018

Petites victoires et grands progrès

22.7.18 8 Petits Mots
Des petits riens. Des riens du tout. Des détails insignifiants. De minuscules progrès. Des avancées négligeables. Des subtilités si faciles à ignorer. Rien que de petites victoires.

Mais des petites victoires qui sont tout. Mises bout à bout, pas à pas, les petites victoires font les grands progrès.

On a commencé avec une jument qui tendait l'encolure à fond pour attraper le bonbon sans avancer un pied. Puis le pied a avancé. Puis l'autre. Et puis aujourd'hui, le bout du nez irait bien se glisser tout seul dans la sacoche à friandises.

Il y a eu partir marcher 10 minutes pieds nus sur le goudron. Puis 15. Puis y retourner montée. Commencer à aller sur les chemins, la laisser choisir son chemin, prendre les bordures enherbées. Oser quelques mètres au pas dans les cailloux. Et un an et demi après, la voir demander le trot sur un chemin où il n'y a que des cailloux, et le garder.

Il y a eu les séances en carrière, à s'ennuyer à dérouler un répertoire trop bien rodé. Puis la première balade rien que toutes les deux, le stress à maitriser. Apprendre à se comprendre à demi-mot. Lâcher les rênes. Autoriser d'un geste à s'élancer. Galoper sans les mains sans les pieds, sensation de liberté. Et un jour oser enlever ce mors qui nous a toujours accompagnées. Demain peut-être oser partir ainsi se promener.

Il y a eu l'observation tranquille dans le pré. Puis la découverte de ses zones de gratouilles préférées. Et aujourd'hui me faire bousculer pour virer un taon un peu trop gênant.

Il y a eu demander le pied, insister pour le soulever. Devoir tirer pour l'obtenir, avoir peu de temps pour le garder. Il y a eu l'utilisation répétée du «donne», et le tapotement du boulet. Il y a eu ce premier postérieur donné de lui même à ma demande. Puis l'antérieur. Il y aura j'espère bientôt cette réponse toujours acceptée.

Il y a eu cette bataille pour réussir à parer. Un Bébé qui bouge, des pieds repris brutalement, tous les deux de l'énervement. Et puis trouver qu'il est bien plus facile à parer en liberté qu'attaché, du foin sous le nez.

Les grandes batailles sont souvent inutiles, les plus belles victoires se font sans combat.

Nous n'y voyons que de petits riens, mais c'est d'eux que naissent les grands progrès. Des petites victoires du quotidien viennent les plus belles réussites.

Ne croyez jamais que ce que vous avez acquis, ce n'est rien. Car chaque pas prépare le prochain. N'écoutez pas celui qui vous dit que c'est sans importance, quand pour vous c'est une jolie étape sur le chemin.

Lorsque je me retourne sur le chemin parcouru, je vois aujourd'hui les petites victoires que l'on a semées, celles qui font que j'ai aujourd'hui une jument si épanouie désormais. Une jument qui sait ce qu'elle veut, et qui sait le dire, et que j'ai appris à écouter. Il y a même ces petites victoires que je n'ai pas vu passer, tant elles furent fugaces. Mais l'ensemble est là dans le résultat.

Les grands progrès ne sont pas soudains, ils sont tant dans la subtilité des progrès quotidiens que souvent on les oublie. Alors parfois, quand tu crois que ça ne va pas, ne regarde pas hier ou avant-hier, mais regarde il y a une semaine, un mois ou un an, et tu verras les petites victoires briller comme des pierres précieuses semées sur votre chemin.

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Cet article est ma participation à la Cavalcade des blogs de juillet, organisées par Débo Evanell du blog Philosophie cavalière, sur le thème des petites victoires.


6 avril 2018

La confiance - Conclusion de la Cavalcade des blogs

6.4.18 0 Petits Mots
La confiance en équitation : c'est pour vous toutes un point essentiel de toute relation. Une confiance aux multiples facettes, difficile à construire et pourtant fragile.


Voici donc les 13 participations à la Cavalcade des blogs de mars 2018, qui éclairent les multiples facettes de la confiance. 13 participations riches chacune des ressentis personnels et des belles histoires des blogueuses.

Allez vite les découvrir:








Merci à toutes pour ces magnifiques participations. Et si la Cavalcade vous manque déjà, rendez-vous pour la nouvelle édition chez "Une fille à cheval".

1 mars 2018

Lancement de la Cavalcade des blogs n°44 : une question de confiance

1.3.18 18 Petits Mots
Il y a la confiance en nous que nous avons trouvée auprès des chevaux. Il y a la confiance dont nous avons besoin pour faire notre premier concours. Il y a la confiance donnée à un coach pour réussir à progresser. Il y a la confiance si précieuse que nos chevaux nous accordent, et celle que nous leur donnons. Tant de choses en équitation reposent sur la confiance.

Voici donc le thème de cette nouvelle Cavalcade des blogs : 

Une question de confiance


Aujourd'hui je vous invite à nous parler de l'importance de la confiance en équitation. Confiance en vous, en votre cheval, en votre prof. Cette confiance donnée, cette confiance qu'il vous reste à trouver. Le chemin vers la confiance, vos astuces, vos solutions pour la trouver. Ou peut-être un excès de confiance qui vous a un jour joué des tours. Parlez-moi de confiance, du point de vue du cavalier, de l'enseignant ou même du cheval. De manque ou de recherche de confiance. D'un événement particulier où la confiance a joué un rôle central, ou de son importance en général. À vous de choisir.

La Cavalcade des blogs, c'est un événement ouvert à tous, pour lequel nous vous invitons à participer sur un thème donné chaque mois. Vous avez donc jusqu'au 31 mars pour me transmettre votre participation, sous forme d'un article ou si vous le souhaitez en vidéo. Vous pouvez retrouver les participations à l'édition précédente, sur le thème des gros mots du cheval, sur le blog Pretty Riding.

Il y a juste quelques règles à respecter pour participer.


  • Si vous avez un blog ou une chaîne, publiez votre article sur votre blog ou votre vidéo sur votre chaîne et envoyez-moi le lien par mail ou dans les commentaires de cet article.
  
  • Si vous n'avez pas de blog, envoyez-moi votre article par mail (emilie[a]cavalierre.fr) ou en me contactant via ma page Contact, et je le publierai avec votre nom sur ce blog.

Pour être validée, votre participation doit être:
  • De nature non commerciale
  • Originale et unique (ne doit pas avoir été publiée ailleurs)
  • De qualité
  • Nouvelle (publiée pendant l’événement, et pas avant)
  • Dans le sujet du thème annoncé
Si c'est un article : 
  • Il doit contenir au minimum 400 mots et être rédigé en français, si possible sans faute. Les participations dessinées sont aussi les bienvenues.
  • Vous pouvez y inclure 2 liens vers votre blog ou site.
Si c'est une vidéo:
  • Elle doit être en français
  • Vous devez inclure dans la présentation un lien vers l’article de lancement (celui que vous être en train de lire), un lien vers la page de lancement de la Cavalcade sur Cheval-facile, et un lien vers le blog de l’organisatrice (c'est le mien 😉).



 
Voilà, vous savez tout. J'ai hâte de vous lire. Et si vous hésitez à vous lancer, surtout, faîtes-vous confiance!

24 février 2018

Du pouvoir des étiquettes

24.2.18 7 Petits Mots
«C'est un entier». Que pensez-vous quand vous entendez ces mots? Quelle image vous faîtes-vous du cheval en question? Quels sont les idées, les représentations qui vous viennent à l'esprit? Prenez quelques instants pour réfléchir à cette question.

Je vais en profiter pour vous parler de mon poulain. First, c'est un jeune Gypsy Cob de 3 ans. Un joli pie bai tobiano, des crins et fanons exubérants. Gentil, joueur, mais un peu envahissant. Sûr de lui et sans peur, qui affronte avec sérénité les monstres que je lui propose. Calme et confiant. Une bouille à bisous, un corps de rêve, une petite moustache coquine en hiver. Le tombeur des écuries, même avec de la boue jusqu'aux coudes. Toujours curieux,  souvent motivé, volontaire. Toujours zen, rarement inquiet. Capable d'une patience à toute épreuve couplée à une tête de mule carabinée, efficace pour faire comprendre quand il n'a pas envie. Avec une malheureuse tendance en ce moment à vouloir mordre ce qui passe à sa portée, moi comprise. Un petit malin, un brin provocateur, qui comprend vite ce qu'on lui demande. Bref, un jeune cheval qui découvre la vie avec joie et enthousiasme.

Tête de cheval en train de brouter derrière des fleurs blanches

Ah oui, et aussi, First est entier. Est-ce qu'il colle aux idées qui vous sont venues à l'esprit au début? Est-ce l'image que vous vous étiez faîte? Voyez comme ce terme a créé en vous une représentation, un cadre dans lequel vous pensez que le cheval doit rentrer.

Et cette étiquette nous précède partout. Quelle différence quand on cherche une pension pour une jument ou un entier! Quand je venais avec un poulain joueur qui a besoin de compagnie, on m'a souvent parlé de le sortir obligatoirement seul, de paddocks éloignés des autres,... On m'a dit «je peux pas, j'ai des juments»... Aujourd'hui, j'ai eu la chance de trouver quelqu'un prête à essayer de le prendre. Aujourd'hui, il est au paddock tous les jours avec un hongre, séparé par une allée du paddock des juments. Il n'y a pratiquement jamais de courant dans les fils du paddock, parce qu'il est hyper respectueux. Je peux croiser une jument sans qu'il exprime plus de curiosité pour elle que si c'était un hongre. Je cherche encore le méchant entier agressif et obnubilé par les filles. Alors oui, il est encore jeune, il va peut-être changer. Mais en attendant, c'est un hongre qui casse les fils de son paddock régulièrement et fonce sur les gens sur son passage. C'est un hongre qui l'attaque oreilles en arrière quand je passe devant son box. C'est une jument qui vient lui dire bonjour quand il pionce à l'attache à côté de son paddock.

Et malgré cela, l'étiquette revient. Il a tendance à mordre? C'est parce qu'il est entier! Il essaie de se cabrer pour impressionner? C'est parce qu'il est entier! Et vous savez le pire? C'est que moi-même je me fais avoir! L'étiquette devient la justification simple pour tout expliquer. Elle en vient à précéder l'identité du cheval, à conditionner les comportements que j'attends de lui. Des fois, moi aussi, je me dit «c'est normal, il est entier». Alors qu'en fait, c'est juste un jeune cheval qui découvre et qui s'exprime. Qu'il faut que j'écoute sans tenter de le faire rentrer dans une case.

Voilà la puissance d'une étiquette. Celle de mettre des représentations devant la réalité. Une étiquette peut venir à nous faire manquer ce qui est sous nos yeux.

Oui, "entier", dans le monde du cheval, c'est un gros mot. Un mot qu'on ne veut pas entendre, qu'il ne faut surtout pas prononcer. Parce que ce à quoi on l'associe fait peur, parce qu'on en a une idée de danger, qu'on lui donne une connotation négative. Cela ne devrait être qu'un simple mot, mais le sens lourd qu'on lui donne fait de lui un gros mot.

Cheval Gypsy Cob pie bai qui fait un flehmen

Des gros mots comme celui-là, des étiquettes, il y en a bien d'autres au pays des chevaux.

Certains ne sont pas très polis au départ, de vrais gros mots. Tiens, la pisseuse par exemple, cette jument caractérielle, désagréable, chiante. D'autres, le plus souvent, ont une apparence bien anodine. Le grand classique? Poney pardi. Vous savez, ce grand têtu, ce petit malin, mignon et coquin, mais mal éduqué et juste bon à apprendre l'équitation et l'art du vol plané aux enfants. Et puis, il y a toutes ces races à qui nous avons associé des caractéristiques. Trotteur, voire trottinette? Pur-sang? Cheval de trait?

Certaines de nos étiquettes sont même passées dans le langage courant : qui n'a pas une tête de mule dans son entourage? Pauvre mule qui n'a rien demandé à personne et qui est bien plus qu'un animal têtu!

Il y a des étiquettes qui viennent avec nos chevaux, et celles qu'on veut leur coller. Cheval de sport ou cheval de loisir n'ont ainsi pas la même image. Il y a des étiquettes assumées, et des étiquettes subies. Je refuse pour ma jument celle de "retraitée", parce que ma jeune mamie, malgré les joies de son début d'arthrose, est beaucoup, beaucoup plus qu'une tondeuse à gazon.

Bien sûr, il y a toujours un fond de vérité dans ces étiquettes. Nous les avons créés pour donner un cadre, pour mieux comprendre, pour guider notre compréhension de l'autre. Difficile d'oublier qu'on a un entier au quotidien. Mais il est important de ne pas se cantonner à l'étiquette, et surtout de ne pas y enfermer son cheval. De redonner aux mots leur valeur de mots, et non pas de gros mots. Apprendre à ne pas se faire dévorer par des idées préconçues, pas simple, mais pourtant essentiel. Il faut courir après nos interprétations, nos attentes, pour ne pas les laisser nous bloquer. Oui, on peut dresser avec un cheval de trait, sans se laisser enfermer derrière son étiquette de cheval lourd. Tout en n'oubliant pas les limites que lui impose sa nature.

Une étiquette, c'est un mot que nous attribuons au cheval pour le décrire. Ce n'est au départ rien qu'un petit mot, que nous chargeons de sens. De sens positif ou négatif, et souvent de beaucoup d'interprétation. Et c'est de là qu'il tire sa force. Les étiquettes sont puissantes, et selon l'usage que l'on en fait, elles peuvent devenir un moteur ou un frein.

Je vous invite à voir ces étiquettes comme des guides, des barres au sol qui tracent un chemin, une bulle de sécurité pour mieux comprendre le cheval, un cadre doux et léger comme une plume, un rideau insaisissable et transparent. Mais trop souvent, nous faisons de ces étiquettes des murs, nous les érigeons en barrières dans lesquelles nous nous enfermons. Les étiquettes deviennent alors des pièges et bloquent notre regard qui ne peut plus porter au loin.

Parce que nous sommes nous-mêmes responsables du statut que nous donnons à ces mots qui sont des cases, nous pouvons choisir de ne pas les laisser prendre le contrôle de nos choix et de notre relation aux chevaux.

Surtout que le cheval, lui, ne connait pas ces étiquettes, il ne voit pas le cadre dans lequel vous l'avez posé dans votre tête. Il pourra donc le franchir aisément, il n'y est pas enfermé. Il ne voit pas le mur que vous utilisez pour l'encadrer, alors il est fort possible que vous vous retrouviez soudain chacun d'un côté de ce mur de mots. Et c'est à vous qu'il revient dès lors de démonter ce mur pour retrouver votre cheval.

C'est nous, et seulement nous, qui donnons du pouvoir aux étiquettes. Mais nous leur en donnons souvent beaucoup. Nous devrions nous souvenir que les mots sont puissants. Il ont la capacité de nous aider à comprendre, à avancer, à construire, mais ils peuvent aussi enfermer, parfois inconsciemment, et nous prendre au piège des interprétations qu'ils dégagent. C'est le sens que nous leur donnons qui leur donne leur pouvoir, qui en fait des gros mots. À nous de les faire dégonfler pour les faire redevenir des mots-compagnons, des mots-guides, des mots-précieux. 

Lorsque que vous vivez des moments difficiles avec votre cheval, pensez à lever les yeux vers ces étiquettes que vous ou d'autres lui ont collées. Prenez votre courage à deux mains pour percer le ballon des interprétations associées à cette case parfois trop étriquée, pour faire pleuvoir le nuage des jugements et des peurs que ce gros mot a nourri, et retrouver le soleil d'un mot simple et léger qui viendra éclairer votre chemin.

Une bonne étiquette est factuelle, utile, évolutive, non-contraignante et sans aucun jugement. Une bonne étiquette, c'est un espace de liberté, pas un enfermement. Votre cheval n'est pas qu'une série d'étiquettes, il est un être unique, complexe et riche. Les mots vous aideront à le comprendre, à vivre chaque jour à ses côtés, à travailler en bonne harmonie avec lui. Prenez simplement soin de ne pas laisser les mots grossir au point d'éclipser l'être vivant derrière.

Les étiquettes ont du pouvoir, mais nous avons le pouvoir d'en faire nos alliées.


Alors, quelles sont les étiquettes qui s'appliquent à vos chevaux? Sont-elles choisies ou subies, et quel pouvoir leur donnez-vous?

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Cet article participe à la Cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Lisa, du blog Pretty Riding, sur le thème "Les gros mots du cheval". Il pourrait cependant aussi s'appliquer bien au-delà du monde équestre.

27 décembre 2017

Se souvenir que chaque cheval est unique

27.12.17 6 Petits Mots
On connaît tous les petites manies de nos chevaux. Ces petits trucs rien qu'à eux qui les rendent uniques et exceptionnels à nos yeux. Et pourtant, jour après jour, nous voulons appliquer les mêmes méthodes, les mêmes techniques à chacun d'eux.

C'est particulièrement frappant avec les chevaux de club. Il faut apprendre à galoper avec tous, à savoir faire une épaule en dedans, peu importe qu'on monte Biscotte ou Batman. Les mêmes gestes, les mêmes aides, répétés encore et encore. Juste après avoir dit qu'on préfère Biscotte à Batman parce qu'elle est plus réactive.


Et puis nous cherchons sur le web des réponses à nos questions, le truc, la solution parfaite à notre problème. Sauf que, vous l'aurez remarqué, quand on pose une question sur Internet, on a en général 150 000 réponses différentes, et 2-3 polémiques au passage. Je ne sais pas vous, mais moi je me retrouve souvent aussi paumée en lisant les réponses qu'avant de poser la question. Est-ce pour autant que ces réponses sont fausses ou inutiles ? Non, au contraire. Simplement, chacune des solutions proposées a pu fonctionner (ou échouer) pour un cheval donné.

Et c'est là le point essentiel : ce qui fonctionne pour un cheval ne sera peut-être pas efficace pour un autre. Peu importe la somme de vos connaissances, vos recherches, les conseils reçus de professionnels, il faut toujours à un moment faire la synthèse en remettant le cheval au centre. 

Chaque cheval est unique. Autrement dit, il n'y a pas de vérité absolue. C'est là une part de la magie de l'équitation : nos équidés sont des êtres sensibles, tous différents, avec leur histoire, leurs forces, leurs peurs, leurs manies propres. Avant de prendre une décision pour eux, il faut se souvenir de les considérer eux, et pas le cheval du voisin.

C'est pour cela aussi qu'apprendre à connaître son propre cheval est une aventure sans fin, qui ne cesse de nous émerveiller jour après jour, découverte après découverte.

Et puis, il n'y a pas que chaque cheval qui est unique. L'équitation est une histoire de couple. Là encore, chaque relation est unique, et un même cheval sera différent selon le cavalier. Nos chevaux de club qui ont leurs têtes en sont un exemple parfait, mais c'est aussi vrai pour le cheval qui sera monté par des frère et sœur par exemple.

Cette unicité là, je la redécouvre souvent quand je rencontre de nouveaux cavaliers. En échangeant des histoires, des anecdotes, nous en apprenons tant. Je trouve que ces échanges en direct sont précieux, car ils révèlent une complexité qui tend à disparaître derrière nos écrans ou dans un livre. Ils m'avaient d'ailleurs manqués en Suisse, où la barrière de la langue leur faisait souvent obstacle. Une discussion, c'est l'opportunité de découvrir de nouvelles façons de penser, de comprendre des décisions, de s'ouvrir à des idées nouvelles. Cela permet de confronter ses opinions à la réalité, et de voir pourquoi ça ne marche pas toujours, ou pourquoi d'autres choix sont aussi valables que les nôtres. À un cheval unique avec ses besoins spécifiques, réponse unique.

Cette réflexion s'applique particulièrement pour toutes les idées qui ont tendance à être contestées, dans un sens ou dans l'autre, dans le monde équestre. Pieds-nus ou ferrés, monte sans mors ou avec, tonte ou poils de nounours, box ou pré intégral, ce n'est pas parce que votre cheval est bien comme vous faites que ce sera le cas pour celui du voisin. Et si le voisin ne croit pas du tout à telle ou telle solution, alors il est fort probable qu'elle ne fonctionne pas pour son couple avec son cheval.

Exemple personnel : je suis très bien à monter en mors. Même si je trouve le concept intéressant, je n'ai pas essayé de passer ma jument sans mors. Parce que d'une part je n'ai pas les connaissances suffisantes pour juger du risque pris et que j'ai conscience que le sans-mors ce n'est pas forcément sans danger, d'autre part parce qu'à son âge je préfère profiter de mes quelques séances montées pour partir en balade plutôt que de la faire chier en carrière à reprendre tout le dressage en sans mors (oui, je sens bien que bosser en carrière ça la gonfle autant que moi). Est-ce pour autant qu'il faudrait que tous ceux qui ont des vieux chevaux restent au mors pareil? Bien sûr que non, parce que justement ils sont différents de nous.

C'est donc là la logique que j'essaie d'appliquer avant d'émettre un jugement basé sur mes opinions, un avis basé sur mes connaissances, un conseil basé sur mon expérience. Se souvenir qu'il n'y a pas vérité unique, seulement des chevaux uniques. Et que chaque cheval, chaque couple, a sa propre vérité. J'essaie de ne pas généraliser mon expérience, mais plutôt d'exposer mon vécu pour expliquer mon opinion et le choix que je recommande.

Soyons honnêtes, c'est parfois difficile, et je me suis probablement plantée plus d'une fois. Beaucoup plus sur le web qu'en face à face je pense, parce que l'échange m'apprend beaucoup et qu'il permet de creuser une situation pour mieux la comprendre. N'oublions pas qu'Internet nous déconnecte du cheval réel, concret, qui se trouve derrière une question, une interrogation, une anecdote de son cavalier. Avant de critiquer ou de commenter, prenez juste un instant pour prendre conscience de ce que vous ignorez de leur histoire. Et faire ainsi de vos échanges une source d'enrichissement mutuel.

In equus veritas... La vérité se trouve dans le cheval. Vaste sujet de réflexion lancé pour cette Cavalcade des Blogs par Isabelle du blog Horses Hints.  Je dirais ainsi La vérité se trouve dans chaque cheval. Car il y a autant de vérités que de chevaux. Alors, avant d'émettre un jugement, de donner un conseil ou d'en demander un, n'oubliez pas de vous interroger sur le cheval, ses caractéristiques physiques, son tempérament et son vécu. Et se souvenir toujours que chaque cheval est unique et qu'il n'y a pas de solution universelle, seulement celle qui lui convient ici et maintenant.

26 novembre 2017

5 étapes pour débloquer une situation en équitation

26.11.17 6 Petits Mots

Quel cavalier n'a jamais connu ces moments où il a l'impression de ne plus avancer? Que rien ne va, et qu'il n'y a aucune solution? Des moments de découragement, où on a un peu envie de tout laisser tomber et lors desquels on se sent nulle et incapable? 

Rassurez-vous, vous n'êtes pas seuls! Je suis en plein dedans avec mes chevaux, alors je vous propose 5 étapes à suivre pour débloquer un souci équestre.

Mon souci semble tout simple, mais il m'apparait comme une montagne. Je viens enfin de ramener mon poulain près de moi, et j'ai l'impression de ne pas savoir quoi faire avec lui, puisqu'à peu près tout est à faire et qu'il ne sait pas grand chose. 
Comment ça, tu veux me faire travailler?

Mais alors concrètement, on fait quoi?


Étape 1 : Identifier le problème

Se dire que ça va pas, qu'on stagne, qu'on n'a l'impression de ne pas avancer en ce moment avec son cheval, c'est bien beau, mais ça ne nous avance pas à grand chose. Il y a cette petite phrase que j'ai lue récemment (et dont je ne connais pas l'auteur), que je voudrais vous partager aujourd'hui:
"Pour combattre le mal, il faut savoir l'identifier"
Et oui, il faut commencer par comprendre le problème! Non, ce n'est pas parce que vous êtes nuls que vous n'avancez pas. C'est parce que vous avez un problème, et que vous ne savez pas encore comment le résoudre. Et pour le résoudre, il faut l'identifier. Cette étape n'est pas forcément la plus facile, mais elle est essentielle. Elle vous permettra de sortir de votre impression de stagner et d'être nul pour trouver sur quel point concret il faut travailler.

Pour cela, souvenez-vous que le cheval ne fait jamais quelque chose juste pour vous faire chier. Soit il ne peut pas, n'étant pas physiquement ou mentalement prêt, soit il ne comprend pas ce que vous lui demandez (ou l'intérêt pour lui de faire l'exercice), soit il a peur (d'un objet, d'une personne, du souvenir d'un événement traumatisant ou d'une douleur). Il y a toujours une raison à un comportement, et il est très important de la trouver.

Quelques exemples?
  • Mon cheval refuse systématiquement les oxers? Il a peut-être mal quand il saute, ou peur parce qu'il a panaché l'autre jour en concours. (C'était le cas de Jasmine en club avant que je la récupère. Avec le recul aujourd'hui, je pense que c'était son début d'arthrose qui devait la gêner et donc l'effort était devenu trop compliqué pour elle. J'ai pas réessayé les oxers depuis car ça ne correspond pas à nos objectifs. Par contre elle est toujours fan des verticaux.)
  • Je n'arrive pas à prendre la galop à juste en cours avec Pompom? Est-ce que je lui demande mal? Ou est-ce que c'est un cheval compliqué qui n'est pas adapté à mon niveau?
  • Mon cheval boite systématiquement quand je le monte? Est-ce qu'il a mal quelque part? Est-ce que son matériel est adapté? Ou est-ce que c'est un petit malin qui a remarqué que quand il boite j'arrête de le faire travailler et qu'il rentre plus vite mettre le nez dans le foin?
  • Je ne sais pas quoi faire avec mon poulain qui ne sait rien. Pour First et moi, je l'explique parce que je me laisse déborder par la multitude de possibilités et mon inexpérience avec les jeunes chevaux.
Une fois le problème identifié, on ne s'appesantit pas dessus, on passe directement à l'étape suivante.


Étape 2 : Se fixer un objectif réaliste et ambitieux


Maintenant que le problème est trouvé, il faut se fixer un objectif pour lui apporter une solution. 

Cet objectif doit être d'une part réaliste, c'est-à-dire qu'il doit prendre en compte vos capacités et celle du cheval considéré. Je n'irai pas en CSO amateur avec mon Gypsy Cob de 3 ans l'année prochaine par exemple.

Mais il est important que cet objectif soit aussi ambitieux. Il doit représenter un défi que vous avez envie de relever, il doit vous booster à sortir de votre phase de découragement, il doit vous aider à avancer.

C'est aussi un objectif qui doit vous parler à vous, pas être celui fixé par d'autres. Vous avez peur de sortir en concours de CSO? Faire un concours de CSO, comme vous le recommandent toutes vos copines, pourrait être un objectif, mais si vous n'aimez pas l'obstacle il n'a aucun intérêt. Mais pourquoi pas vous donner l'objectif de faire un concours de dressage?

Il faut aussi dimensionner cet objectif en fonction du problème: à problème simple, objectif simple et rapide, à problème complexe, objectif  élaboré.


  • Mon cheval refuse les oxers parce qu'il a mal => Je fais venir un ostéopathe.
  • Je n'arrive pas à partir au galop à juste avec Pompom parce que je lui demande mal => J'apprends à demander correctement le galop à juste.
  •  Je suis perdue pour travailler avec First => Je me lance le défi de l'emmener sur un concours modèles et allures GypsyCob ou Irish Cob en 2018. (J'ai bien dit à problème complexe, objectif complexe, réaliste et ambitieux!)
Ça y est, mon objectif est fixé, je fais quoi maintenant?


Etape 3 : Décomposer en petits objectifs simples

Un objectif ainsi fixé peut parfois nous paraitre démesuré. Alors on décompose en objectifs, vois en sous-objectifs, simples et rapides à obtenir. Cela permet d'une part de se rendre compte qu'il y a certaines choses qu'on sait déjà, et ensuite d'être moins effrayé face à l'énormité du travail à faire.

Cette étape n'est pas forcément nécessaire avec un objectif simple, mais je vous invite à y réfléchir quand même. Même faire venir un ostéopathe, qui parait très simple, se découpe en petit objectifs : identifier le pro qui me convient, l'appeler, trouver une date de RDV qui convient, et enfin assister au RDV par exemple. 


  • Je veux apprendre à demander correctement le galop à juste? Je demande à mon moniteur de me réexpliquer les aides, puis j'apprends avec un poney facile, puis je demande correctement avec Pompom et j'atteins mon objectif!

  • J'emmène First en Modèle et Allures en 2018?
    • J'identifie les concours prévus pas trop loin de chez moi (pas fait)
    • Je me renseigne sur les modalités pratiques de ces concours (à revoir)
    • Je désensibilise mon poulain:
      • aux trucs qui font peur (acquis)
      • aux chevaux au loin (en cours)
      • aux chevaux (et juments !!) proches (à commencer)
    • Je lui apprends à marcher en main
      • au pas (acquis)
      • au trot (pas fait)
      • à s'arrêter en même temps que moi (en cours)
      • à conserver l'immobilité (en cours)
      • en restant concentré sur moi (en cours)
    •  Je lui apprends à travailler en filet (il me semble que c'est obligatoire pour les entiers)
      • Je lui fait découvrir le mors (à faire)
      • Je reprend la marche en main en filet (à faire)
Je réalise alors que oui, je suis capable d'atteindre mon objectif, et qu'en plus j'ai déjà commencé!

Étape 4 : Identifier les compétences et connaissances nécessaires

Vous savez maintenant ce que vous voulez faire. Il vous reste à vérifier si vous et votre cheval avez les connaissances et les compétences pour réaliser chacun de ces objectifs.

Il s'agit de se demander "Que dois-je faire pour atteindre chacun de ces objectifs?", "Est-ce que je sais le faire?" et si besoin "Où et comment vais-je apprendre à le faire?".

Si vous savez déjà le faire, c'est top. Sinon, vous pouvez identifier ce qu'il vous manque (en appliquant à nouveau ces 5 étapes par exemple). Demandez-vous comment alors acquérir les connaissances qu'il vous manque: par vos amis, par les réseaux sociaux, par les blogs, par des cours avec un enseignant, à pied ou monté, par des cours en ligne, par des lectures, par des stages? Évidemment chacune de ces solutions à ses avantages et ses inconvénients, il est souvent très intéressant de les recouper.

Pour moi, ça sera cours de travail à pied (quand j'aurai trouvé un prof, tous les bons plans sur des personnes se déplaçant dans la Marne sont les bienvenus), cours en ligne (bientôt) et lectures (j'ai réouvert "Eduquer le poulain du sol à la selle " de Véronique de Saint-Vaulry et je commence déjà à appliquer petit à petit ses conseils).

Étape 5 : Agir!


Vous avez désormais toutes les cartes en main. Plus d'excuses, il est maintenant temps d'agir. Choisissez l'un de vos objectifs simples, et attelez-vous à sa réalisation. Puis passez au suivant, et vous verrez bientôt que vous avez recommencé à progresser. Bravo!


Parfois, il est possible que la réalisation de l'objectif ne résolve pas, ou pas entièrement, le problème. Ne vous découragez pas! Je vous invite alors à recommencer cette réflexion en 5 étapes, en n'oubliant pas de partir de la nouvelle situation et non pas du problème initial. 

Et bien sûr, vous pouvez aussi appliquer ces 5 étapes en dehors de l'équitation, pour toute situation où vous vous sentez bloqués.

Tout simplement:
  1. Identifier le problème
  2. Se fixer un objectif réaliste et ambitieux
  3. Décomposer en petits objectifs simples
  4. Identifier les connaissances et compétences nécessaires
  5. Agir!

Alors dites moi, quel problème vivez-vous aujourd'hui qui vous donne l'impression de ne plus progresser en équitation? Quel objectif allez-vous vous fixer pour le résoudre?


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Cet article a été écrit dans le cadre de la Cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Nathalie du blog Les Supers Cavaliers, sur le thème "Quand on a l'impression de ne plus progresser..."




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29 octobre 2017

Le vieux cheval, un athlète heureux?

29.10.17 8 Petits Mots
Nos vieux chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux? Un cheval vieillissant peut-il rester un sportif bien dans ses sabots? Pour la nouvelle édition de la Cavalcade des blogs, Pauline nous invite à partager notre définition de l'athlète heureux. J'ai voulu m'interroger pour savoir si cette expression peut s'appliquer à tous les chevaux, et en particulier à ceux que l'on dit "vieux".

Évidemment, la définition du vieux cheval reste flou et pourrait faire l'objet d'une réflexion à part entière. Mais parlons ici de ces chevaux qui développent tout doucement ces pathologies liées à l'âge (arthrose, Cushing, fonte musculaire et autres joyeusetés...).

Alors un vieux cheval athlète, c'est quoi? Et est-ce vraiment possible? Ou nécessaire? Un athlète, c'est par essence quelqu'un qui pratique une activité physique. On peut aussi le comprendre comme quelqu'un qui entretient sa forme physique. Un peu contradictoire à première vue avec la santé qui diminue avec l'âge de nos chevaux. Et pourtant, si les vieux chevaux ne sont plus de très grands sportifs, il reste pour moi essentiel d'entretenir leur forme physique, pour leur permettre de conserver leur bien-être physique. Garder des muscles qui permettent d'atténuer les effets du vieillissement, de continuer à bouger et à s'activer. Garder la forme pour continuer à mettre la pâtée aux petits jeunes qui tentent de contester l'autorité des anciens du pré. Garder une mécanique bien huilée pour continuer à partager des moments de complicité avec son cavalier, à pieds ou monté.

"Vieille" et sportive (du dimanche...)

Et un (vieux) cheval heureux, c'est quoi? C'est un cheval qui ressent un bien-être mental. Ce qui pour moi passe avant tout par un respect, au mieux de ce qu'il nous est possible de leur offrir, de leurs besoins fondamentaux: des copains, du mouvement, et de la nourriture à volonté. Une vraie vie de cheval en fait, avec les adaptations nécessaires à ses âge et caractère. C'est un cheval à qui on laisse la liberté d'être lui-même.

Comment alors concilier ces deux idées? Le vieux cheval, un athlète heureux? Oui, si il a à la fois un bien-être mental et physique. 

Je crois même qu'il est essentiel de combiner aussi longtemps que possible ces deux éléments. Avoir au quotidien des conditions de vie dignes d'un cheval, et travailler régulièrement, le cavalier à ses côtés ou sur son dos, pour entretenir sa musculature et sa souplesse et donc limiter ses douleurs.

Mais aussi parce que bonheur du cheval et travail physique vont pour moi ensemble. Il ne sont pas dissociables. Un cheval à qui l'on offre une vie au pré avec copains n'y est pas forcément heureux. Surtout quand le changement est soudain et inattendu. Qui n'a pas connu ce vieux cheval de club qui est revenu de sa retraite parce qu'il déprimait au pré? Quid de ces grands chevaux de compétition qui meurent quelques mois après leur retraite bien méritée?

Avoir des activités avec son cheval, c'est non seulement travailler sur son corps, mais aussi prendre soin de son mental. C'est lui proposer des exercices pour le faire réfléchir et stimuler sa vivacité d'esprit, c'est lui proposer des nouveautés pour le changer de son train-train quotidien. C'est aussi continuer à le monter pour faire briller son expérience, et l'emmener en balade démontrer son envie de faire la course au grand galop avec ses potes.

Alors oui, il est possible de faire en sorte qu'un cheval qui vieillit reste un sportif heureux. Oui, nous avons le droit de monter encore nos vieux chevaux et de leur proposer de nouvelles expériences, tout cela dans le respect de leur intégrité.

C'est probablement pour cela que j'ai vraiment du mal avec cette idée qui considère que le vieux cheval ne doit plus être qu'une tondeuse à gazon, un retraité qu'il faudrait "laisser tranquille". Un début de pathologie de vieillesse et hop, on l'oublie dans un pré, parce qu'il y serait soi-disant heureux.

J'ai choisi de dire non à cette idée. Pour moi, un vieux cheval est avant tout un cheval. Un cheval avec une grande et belle histoire derrière lui, qui mérite notre attention et notre considération.

Ma jument a de l'arthrose. Elle boite régulièrement, particulièrement en carrière à une main. Pourtant je la monte encore (oui, j'ose!). Moins souvent, et principalement en balade. Et je peux vous assurer que dimanche dernier, elle n'était pas la dernière pour faire la course avec le petit jeune devant (bon, on n'a pas gagné quand même, mais il a quasi un tiers de son âge aussi le jeune!). Je m'interroge aussi beaucoup, et je suis loin de savoir quelles sont les meilleures solutions pour entretenir sa forme physique et atténuer ses douleurs d'arthrose. Mais quand elle me suit dans mes folies, je sais qu'elle n'est pas si mal dans sa tête. Et ça, ça n'a pas de prix.

Ma jument a peut-être 20 ans, mais je crois qu'elle est encore, au moins un peu, une athlète heureuse, parce qu'elle a une vie adaptée à ses besoins.


C'est ainsi que je vois le cheval athlète heureux, quel que soit son âge. Un animal qui a une vie équilibrée, dans le bien-être physique et mental.

Et selon vous, tous les chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux?
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18 septembre 2017

{Équitation} S'arrêter pour mieux recommencer

18.9.17 10 Petits Mots
"Arrêter l'équitation? Moi jamais!!!" On a toutes dis cela un jour ou l'autre, moi la première. Et puis parce qu'il ne faut jamais dire jamais, j'ai arrêté de monter à cheval. Deux fois depuis que je suis cavalière. Et même pas par obligation en plus.

Aujourd'hui, pour le retour de la Cavalcade des blogs, sur une idée d'Audrey, je vous propose de vous parler des bienfaits de ces pauses dans mon équitation. Parce que oui, elles n'ont pas été que négatives!


Je suis une cavalière un peu tardive, je n'ai pas commencé sur les shets à 6 ans, mais vers 13 ans sur nos célèbres doubles poneys. Et je suis devenue accro tellement vite que 3 ans plus tard je passais mon galop 6 et que j'avais une demi-pension sur une ponette de club (une certaine Jasmine...). Et puis...

Ben j'ai eu 18 ans, l'âge des études, la prépa, la fatigue, les week-end d'un jour et demi, les révisions,... Même si j'avais la possibilité de venir monter Jas le dimanche matin, j'ai préféré garder ma grasse matinée et j'ai arrêté complètement l'équitation pendant ces deux années. 

Bon alors pour mes compétences équestres et mon moral, soyons honnêtes, c'était pas franchement un bénéfice... Mais on a dit qu'on parlait du positif! Si ces deux années d'arrêt m'ont apporté une chose, c'est celle que j'ai comprise en remettant mes fesses à cheval en arrivant à Lyon. Qui pourrait se résumer par un "Plus jamais ça!". 

En effet, arrêter l'équitation m'a permis de comprendre que j'aime profondément ce sport, et surtout les chevaux. De comprendre que la relation avec les chevaux fait partie intégrante de mon équilibre.

Bon, parce que je devais encore avoir des doutes, j'ai quand même tenté à nouveau une pause, et j'ai arrêté un an en arrivant à Paris (celles et ceux qui ont un jour essayé de monter à cheval à Paris avec un salaire de doctorant me comprendront). Résultat des courses, cette fois j'ai compris que j'étais prête à accepter pas mal de contraintes pour pouvoir monter à cheval, puisque que j'ai recommencé à monter dans mon ancien club près de chez mes parents à 2 heures de Paris, tous les 15 jours.

Mais cette fois j'étais convaincue, parce qu'une des premières choses que j'ai faites en arrivant en Suisse, ça a été de me trouver un club, et tant pis s'il faut tenter de comprendre le Suisse-allemand pour ça. J'ai même tellement bien compris ça que quand ma jument est entrée dans ma vie, il n'était rien d'autre d'envisageable que de la faire venir me rejoindre, même si je devais repartir un an après, même s'il fallait lui faire faire 600 km, même s'il fallait réussir à franchir les frontières de l'UE.

Il y a eu aussi d'autres bénéfices à ces pauses: elles m'ont permis de savoir ce que j'aimais vraiment, sans être influencée par les contraintes et les orientations du lieu où j'ai choisi de monter à cheval. J'ai découvert les voyages à cheval, bien loin du club et du classique CSO. J'ai confirmé que j'aime profondément les poneys, ces petits chevaux au caractère de cochon et à la franchise rassurante. Grâce à ces pauses, je sais un peu plus qui je suis et ce que je veux en équitation.

Récemment j'ai testé un autre genre de pause équestre: une pause "bloguesque". Plus de quatre mois sans écrire. Un temps bien utile pour me ressourcer. Prendre mes distances, ne pas me forcer, pour pouvoir revenir sereine, quand l'envie d'écrire est revenue d'elle même. J'ai eu des moments de doute, et même hésité à renouveler le nom de domaine. Et puis du jour au lendemain, mon clavier a recommencer à me démanger, et je suis heureuse d'être à nouveau ici, avec un plaisir de partager retrouvé.

C'est donc pour moi un grand bienfait des pauses, en équitation notamment, mais cela peut s'appliquer à tout. Elles permettent de prendre du recul, de comprendre ce qui est important pour nous et ce qui ne l'est pas.

S’arrêter, c'est pouvoir recommencer. Autrement peut-être, un peu plus proche de soi, un peu plus clair dans ses attentes. Et profondément heureuse de s'y remettre, avec une envie renouvelée.

N'ayez plus peur de faire des pauses, elles seront peut-être difficiles, mais la joie de retrouver cette passion qui nous est si chère est incomparable.



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4 avril 2017

Habitudes de cavaliers et manies de chevaux - conclusion de la Cavalcade des Blogs

4.4.17 2 Petits Mots
Il y a un mois, je vous proposais de nous faire découvrir vos habitudes et petites manies, les vôtres et celles de vos chevaux.

Vos participations nous prouvent qu'en effet, nous en avons beaucoup, et qu'elles sont souvent très drôles. Florilège de petites manies à découvrir:

   
 
  • Moi même, j'aurais voulu vous raconter comme ma jument et moi, on a des manies super trop top qui nous rendent exceptionnelles. Et puis ben en fait, y'a ça...
 
Merci à toutes pour vos participations!


Et toi, quelles sont tes habitudes et petites manies de cavalier?
 
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28 mars 2017

J'aurais voulu vous raconter mes manies...

28.3.17 14 Petits Mots

J'aurais voulu vous raconter mes manies pour vous dire comme je suis une cavalière bien organisée. Oui, mais bon, je suis la fille capable de laisser un cure-pied trainer dehors et qui le retrouve trois semaines après, quand la neige a fondu, en se disant : "Oh tiens, c'est là que je l'avais laissé"... Donc je suis plutôt la fille qui a la manie d'avoir la flemme de ranger ses affaires. Oups

J'aurais voulu vous raconter comme mes habitudes avec ma jument sont tellement bien rodées que tout coule de source, tout en douceur. Oui, mais elle a principalement la manie de ne pas vouloir me suivre quand je vais la chercher au pré, donc on joue à "je fais 10 mètres et je m'arrête 2 min, et on recommence". À chaque fois. Re-oups.
 
Veut pas y aller, elle est meilleure l'herbe ici! #PoneyBugué

J'aurais voulu vous dire que j'ai l'habitude très sérieuse de limiter le nombre de friandises que je lui donne, parce que c'est pas bien après elle réclame. Oui, mais quand elle réclame, je craque totalement sur sa bouille quoi. Re-re-oups.

J'aurais voulu vous dire que j'ai une jument parfaitement normale qui n'a aucune manie bizarre que je pourrais vous raconter. Oui, mais ma jument a un bout du nez qui bouge. La lèvre supérieure un peu pincée, et qui va de gauche à droite à gauche... Souvent, très souvent, sans raison, et je trouve ça charmant-craquant. Pas oups.


J'aurais voulu vous raconter toutes mes petites manies ridicules et inutiles. Oui, mais j'en trouve pas tant que ça. Même quand je lui offre des friandises en la relâchant au pré, j'en profite pour la faire s'étirer, en venant chercher sa gourmandise au niveau des hanches . Et c'est tellement devenu une habitude qu'elle en vient d'elle-même à me montrer sa hanche avec l'air de quémander.

J'aurais voulu vous dire que j'ai une jument qui respecte complètement le temps que je passe à la pomponner, la chouchouter, la faire briller. Oui, mais quand je la remet au pré, elle se roule gaiement, systématiquement. Bon du coup, je la fais pas briller en fait.

Pardon, mais c'est trop bon
En fait, j'aurais voulu vous dire qu'on est un couple parfait, comme dans les magazines. Que je suis toujours bien habillée à la dernière mode, qu'elle est toujours parfaitement belle et propre, qu'on est au top niveau de progression dans notre discipline. Oui, mais en fait non. Parce qu'elle s'en fiche comment je m'habille, parce que j'ai la flemme d'enlever les traces de boue qu'elle va refaire après, parce que notre discipline principale c'est le baladage-broutage-grignotage. Et c'est tellement mieux ainsi. Ma jument et moi, on a plein de drôles d'habitudes et de petites manies pas très sérieuses, et c'est ça qui nous rend heureuses.



Ceci est ma participation à l'édition en cours de la Cavalcade des blogs, que j'organise sur le thème "Habitudes et petites manies". Et vous, quelles sont vos manies équestres?
 
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1 mars 2017

Habitudes et petites manies - Cavalcade des blogs n°37

1.3.17 6 Petits Mots
Ne pas oublier les chaussettes à paillettes porte-bonheur pour chaque concours. Ranger le licol vert à droite et le licol bleu à gauche. Vérifier 37 fois qu'on a bien refermé la porte du pré. On a tous de drôles d'habitudes. Se rouler juste après le pansage au retour au pré pile dans la flaque de boue. Fouiller les poches à la recherche de friandises. Nos chevaux aussi.

Alors aujourd'hui je vous invite à nous les raconter.  Le thème de cette 37ème Cavalcade des blogs est donc: 

Habitudes et petites manies



Dites-nous tout! Parlez-nous de vos manies inavouables, de vos habitudes un peu ridicules, de vos drôles de tics, de vos réflexes faits sans réfléchir. Qu'ils vous agacent ou qu'ils vous fassent rire, racontez-nous les petits trucs que vos chevaux aiment à répéter, les lubies de vos animaux et vos marottes improbables.

Ces habitudes, qu'elles soient animales ou humaines, dites-nous pourquoi vous les aimez, pourquoi vous les détestez, d'où elles viennent et comment vous les encouragez ou les découragez. N'ayez pas peur du ridicule et partagez avec nous ces petites manies, pour que nous aussi on se sente un peu moins seuls quand on les reproduit.

Comment participer?


Pour partager avec nous vos drôles d'habitudes, c'est simple: vous pouvez désormais participer à la Cavalcade des blogs soit par un article, soit en vidéo. Il suffit de respecter les quelques règles qui suivent, et de m'avertir de votre publication.

- Si vous n'avez pas de blog, envoyez-moi votre article par mail (emilie[a]cavalierre.fr) ou en me contactant via ma page Contact, et je le publierai avec votre nom sur ce blog.

- Si vous avez un blog ou une chaîne, publiez votre article sur votre blog ou votre vidéo sur votre chaîne et envoyez-moi le lien par mail ou dans les commentaires de cet article.

Pour être validée, votre participation doit être:
  • De nature non commerciale
  • Originale et unique (ne doit pas avoir été publié ailleurs)
  • De qualité
  • Nouvelle (publié pendant l’événement, et pas avant)
  • Dans le sujet du thème annoncé
Si c'est un article :
  • Il doit contenir au minimum 400 mots et être rédigé en français, si possible sans faute. Les participations dessinées sont aussi les bienvenues.
  • Vous pouvez y inclure 2 liens vers votre blog ou site.
  • Vous devez y inclure un lien vers l’article de lancement (celui que vous être en train de lire), un lien vers la page de lancement de la Cavalcade sur Cheval-facile, et un lien vers le blog de l’organisatrice (c'est le mien).
Si c'est une vidéo:
  • Elle doit être en français
  • Vous devez inclure dans la présentation un lien vers l’article de lancement (celui que vous être en train de lire), un lien vers la page de lancement de la Cavalcade sur Cheval-facile, et un lien vers le blog de l’organisatrice (c'est le mien 😉).


À vous de jouer


La date limite de participation à cette édition de la Cavalcade des blogs est fixée au vendredi 31 mars 2017. Je vous proposerai alors un article récapitulatif des différentes participations. Vous trouverez l'article récapitulatif de la précédente édition sur le blog Eduquer son cheval, et vous pourrez y découvrir diverses réflexions sur le sens de l'équitation.

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont répondu à mon sondage pour me demander un thème plutôt léger, et Jasmine pour l'inspiration sur le choix de ce thème.
 
Alors, prêt(e)s à nous raconter vos petites manies? C'est à vous de jouer!



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