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1 décembre 2018

Matériel équestre: avez-vous peur de vos outils?

1.12.18 0 Petits Mots
Avez-vous peur du matériel équestre? Oui, vraiment, je vous pose la question: avez-vous peur des outils que vous utilisez ou pourriez utiliser avec vos chevaux? Non, cette question n'est pas si stupide qu'il n'y parait au premier abord, et la réponse n'est pas si évidente.

Réfléchissons à cette question autrement. Avez-vous parfois dit ou pensé " je n'utilise pas de mors/chambrière/éperons/cordelette/selle/bride/cravache/bombe/enrênements/licol corde... parce que cela fait mal à mon cheval/lui fait peur/est dangereux/je n'aime pas ça/est inutile" (rayer les mentions inutiles). Si vous avez répondu oui à cette question, il est possible que vous ayez peur du matériel cité, et que vous (vous) cachiez cette peur sous d'autres arguments.


Ce qui m'interroge souvent, c'est le choix d'utiliser ou non un mors. De nombreux cavaliers de loisirs s'enorgueillissent de ne pas utiliser cet outil de torture qu'est le mors, non ça jamais. Mais alors, tous nos grands cavaliers de l'équitation de tradition française auraient été si mauvais avec leurs chevaux? Ou bien l'argument de ne pas faire mal ne viendrait-il pas souvent d'une peur de mal faire? Est-ce que nous justifions cette peur que nous avons de mal utiliser un simple outil en le diabolisant et le rendant coupable de tous les maux? Bien sûr que le mors a des inconvénients, mais c'est aussi le cas des ennasures. Il suffit d'observer un crâne de cheval pour s'inquiéter de ce qu'on posera sur cet os si fin, tout comme on peut s'inquiéter de la sensibilité d'une bouche. Je préfère de loin un mors simple et doux à un hackamore bien plus agressif (mais dire qu'un outil est agressif, c'est déjà exprimer une forme de peur de cet outil en lui donnant des attributs humains).

Moi, j'utilise aussi cet autre outil bien mal compris qu'est la récompense alimentaire. Car oui, dès lors qu'elle est utilisée dans l'apprentissage, je crois qu'on peut la considérer comme un outil. Un outil tellement efficace, notamment associée au clicker, qu'elle peut faire naitre de la frustration et des mauvaises habitudes chez le cheval si elle est mal utilisée. Et ce sont ces mauvais comportements qui souvent font naitre la peur de la friandise. Une peur souvent cachée sous le discours "je veux que mon cheval m'aime pour moi-même, pas pour la bouffe", en oubliant qu'il serait tout aussi (in)valide si on remplaçait " pour la bouffe" par " pour la recherche de confort" ou "pour éviter les coups de talons". Et pourtant, regarder travailler des cavaliers expérimentés en clicker training et leurs chevaux, ben c'est beau!


Alors je crois qu'il est essentiel de commencer d'abord par comprendre les peurs qui sous-tendent nos choix, nos arguments, nos extrémismes. Allons creuser un peu plus loin, même si c'est inconfortable et que ça nous dérange, pour trouver le vrai pourquoi de nos arguments contre certains outils.

Un outil n'est que cela, un objet dont les effets dépendent de l'utilisation que nous en faisons. Certains seront conçus pour avoir un effet plus coercitif, mais ils n'auront cet effet que parce que l'humain les emploie sur le cheval d'une façon donnée. Ben oui, une cravache, ça peut fouetter et blesser, ou bien caresser en chassant ces enquiquineuses de mouches!


 Alors, au lieu d'avoir peur des outils, et si nous apprenions à nous en servir? À en connaitre les avantages et les inconvénients, les atouts et les limites. À savoir en faire des alliés plutôt que des ennemis. À les manipuler tout en douceur et en respect. Et à enseigner au cheval comment y répondre. Et c'est là, seulement, quand nous saurons les utiliser vraiment, que nous pourrons les juger. En arrêtant d'avoir peur de notre matériel, nous pouvons apprendre à le contrôler et à connaitre ses secrets. C'est cette connaissance qui pourra nous faire décider de l'utiliser ou non, dans notre cas particulier, avec un cheval donné. Sans ériger en fierté le rejet d'un bout de métal ou de corde, mais en se réjouissant d'être dans le vrai pour notre propre situation.

Nous avons le droit d'avoir peur de mal utiliser un objet, de blesser ou de nuire. Mais il est important de comprendre que ce dont nous avons peur, c'est de l'utilisation que nous pourrions en faire, pas de l'objet en lui-même. Et que si nous-même ne maitrisons pas cette utilisation, pour beaucoup d'outils d'autres peuvent le faire très bien, dans le respect du cheval et de son intégrité. Alors en acceptant cette peur, nous pourrons avancer sur les choix que nous ferons vis-à-vis de cet outil. Que ce soit d'apprendre à nous en servir, ou bien d'en choisir un autre, mais sans juger ceux qui l'utilisent intelligemment.

Chaque choix est valable, mais il est important qu'il soit justifié pour votre cheval. Que sa raison ne soit pas un argument générique qui cache vos inquiétudes ou votre incompétence. Les objets ne sont pas responsables de l'utilisation que l'on en fait, seul l'humain a le pouvoir d'en faire des monstres ou des peluches. 


Alors, avez-vous peur de certains outils?

22 juillet 2018

Petites victoires et grands progrès

22.7.18 8 Petits Mots
Des petits riens. Des riens du tout. Des détails insignifiants. De minuscules progrès. Des avancées négligeables. Des subtilités si faciles à ignorer. Rien que de petites victoires.

Mais des petites victoires qui sont tout. Mises bout à bout, pas à pas, les petites victoires font les grands progrès.

On a commencé avec une jument qui tendait l'encolure à fond pour attraper le bonbon sans avancer un pied. Puis le pied a avancé. Puis l'autre. Et puis aujourd'hui, le bout du nez irait bien se glisser tout seul dans la sacoche à friandises.

Il y a eu partir marcher 10 minutes pieds nus sur le goudron. Puis 15. Puis y retourner montée. Commencer à aller sur les chemins, la laisser choisir son chemin, prendre les bordures enherbées. Oser quelques mètres au pas dans les cailloux. Et un an et demi après, la voir demander le trot sur un chemin où il n'y a que des cailloux, et le garder.

Il y a eu les séances en carrière, à s'ennuyer à dérouler un répertoire trop bien rodé. Puis la première balade rien que toutes les deux, le stress à maitriser. Apprendre à se comprendre à demi-mot. Lâcher les rênes. Autoriser d'un geste à s'élancer. Galoper sans les mains sans les pieds, sensation de liberté. Et un jour oser enlever ce mors qui nous a toujours accompagnées. Demain peut-être oser partir ainsi se promener.

Il y a eu l'observation tranquille dans le pré. Puis la découverte de ses zones de gratouilles préférées. Et aujourd'hui me faire bousculer pour virer un taon un peu trop gênant.

Il y a eu demander le pied, insister pour le soulever. Devoir tirer pour l'obtenir, avoir peu de temps pour le garder. Il y a eu l'utilisation répétée du «donne», et le tapotement du boulet. Il y a eu ce premier postérieur donné de lui même à ma demande. Puis l'antérieur. Il y aura j'espère bientôt cette réponse toujours acceptée.

Il y a eu cette bataille pour réussir à parer. Un Bébé qui bouge, des pieds repris brutalement, tous les deux de l'énervement. Et puis trouver qu'il est bien plus facile à parer en liberté qu'attaché, du foin sous le nez.

Les grandes batailles sont souvent inutiles, les plus belles victoires se font sans combat.

Nous n'y voyons que de petits riens, mais c'est d'eux que naissent les grands progrès. Des petites victoires du quotidien viennent les plus belles réussites.

Ne croyez jamais que ce que vous avez acquis, ce n'est rien. Car chaque pas prépare le prochain. N'écoutez pas celui qui vous dit que c'est sans importance, quand pour vous c'est une jolie étape sur le chemin.

Lorsque je me retourne sur le chemin parcouru, je vois aujourd'hui les petites victoires que l'on a semées, celles qui font que j'ai aujourd'hui une jument si épanouie désormais. Une jument qui sait ce qu'elle veut, et qui sait le dire, et que j'ai appris à écouter. Il y a même ces petites victoires que je n'ai pas vu passer, tant elles furent fugaces. Mais l'ensemble est là dans le résultat.

Les grands progrès ne sont pas soudains, ils sont tant dans la subtilité des progrès quotidiens que souvent on les oublie. Alors parfois, quand tu crois que ça ne va pas, ne regarde pas hier ou avant-hier, mais regarde il y a une semaine, un mois ou un an, et tu verras les petites victoires briller comme des pierres précieuses semées sur votre chemin.

~~~~~

Cet article est ma participation à la Cavalcade des blogs de juillet, organisées par Débo Evanell du blog Philosophie cavalière, sur le thème des petites victoires.


6 avril 2018

La confiance - Conclusion de la Cavalcade des blogs

6.4.18 0 Petits Mots
La confiance en équitation : c'est pour vous toutes un point essentiel de toute relation. Une confiance aux multiples facettes, difficile à construire et pourtant fragile.


Voici donc les 13 participations à la Cavalcade des blogs de mars 2018, qui éclairent les multiples facettes de la confiance. 13 participations riches chacune des ressentis personnels et des belles histoires des blogueuses.

Allez vite les découvrir:








Merci à toutes pour ces magnifiques participations. Et si la Cavalcade vous manque déjà, rendez-vous pour la nouvelle édition chez "Une fille à cheval".

18 mars 2018

Ferrure ou pieds-nus ? Invitation à un changement de perspective

18.3.18 11 Petits Mots

Il est une chose qui m'étonne toujours. Dès qu'on parle de mettre un cheval pieds nus, la question qui vient est "pourquoi déferrer"? S'il est bien comme ça, pourquoi retirer ses fers? Question légitime bien sûr, et je ne vous rabâcherai pas les arguments des uns et autres sur le sujet. Non, moi ce qui m'étonne, c'est cette question : "pourquoi déferrer?". J'ai l'impression que ce n'est pas la bonne, ou du moins pas celle qui devrait venir en premier.

Non, la première question que je vous invite à vous poser, c'est "pourquoi ferrer"?

Dès que l'on commence à travailler un cheval, on nous dit qu'il faut ferrer. Parce que dans nos esprits, un cheval non ferré ne peut pas travailler. Alors, la majorité des chevaux sont ferrés dès le plus jeune âge, quand ils commencent à travailler. 


Ayant tout appris sur des poneys de club pieds nus, même ceux qui allaient à Lamotte (et ce n'était pas par conviction mais probablement plutôt pour des raisons économiques), je n'ai jamais réussi à comprendre en quoi eux pouvaient ne pas être ferrés alors que les chevaux qui travaillaient pareil l'étaient. Et aujourd'hui, de plus en plus de cavaliers nous prouvent qu'un cheval pieds nus peut travailler, du cheval de loisirs au cheval de compétition.

Alors, ce qui me dérange aujourd'hui, ce n'est pas qu'on ferre certains chevaux, c'est plutôt qu'on voit la ferrure comme la situation par défaut. On ferre d'abord, on réfléchit à déferrer ensuite. Or, l'évolution a doté les pieds des chevaux d'une structure incroyablement complexe capable de porter leur poids et de gérer les chocs liés à leurs déplacements. Pourquoi ne pas essayer d'aider ce système élaboré qu'est le pied à fonctionner correctement avant de chercher à substituer son rôle par divers artifices?

Voilà donc le changement de perspective auquel je vous invite. Non pas se demander pourquoi déferrer, mais plutôt se demander en premier lieu pourquoi ferrer? Est-ce nécessaire? Ai-je essayé d'abord de laisser le pied de mon cheval jouer son rôle? Pourquoi ne pas d'abord le garder pieds nus et voir si ça fonctionne pour lui?

Est-ce que je ferre par tradition? Par habitude? Par conviction? Est-ce que je ferre par peur? Est-ce que je ferre parce qu'il a mal? Et dans ce cas, pourquoi a-t-il mal, et est-ce la ferrure la meilleure solution pour soigner cette douleur? Est-ce que je ferre parce que j'ai vu que le travail effectué entrainait une usure trop conséquente de ses pieds? Est-ce que je ferre pour soigner une pathologie? Est-ce que je ferre parce que j'y vois la meilleure solution pour mon cheval?

Il s'agit de retourner la question, de comprendre que nous ne nous posons pas toujours la bonne question, plutôt que de se battre pour les réponses à lui apporter.

Bien sûr, la réponse pourra parfois être que la ferrure est nécessaire. Et parfois non. Mais ce sera réfléchi, pour chaque cheval dans son cas précis et pour ses besoins particuliers. Parce qu'il ne faut jamais oublier que chaque cheval est unique.

La question est n'est pas si différente pour les chevaux qui sont déjà ferrés aujourd'hui, même si on pourrait le croire à priori. Puisqu'un cheval doit être referré toutes les 6 à 8 semaines, la question peut se poser à chaque ferrure: pourquoi ferrer, à nouveau, ici et maintenant? Seulement parce qu'il était déjà ferré avant, ou bien pour d'autres raisons? Quelles sont mes raisons pour ce choix renouvelé si régulièrement?

Évidemment, la transition pour revenir aux pieds nus quand un cheval porte des fers depuis de nombreuses années est parfois complexe et pas forcément utile. Dans leur cas, la question "pourquoi déferrer" et sa contraposée "pourquoi ne pas déferrer" sont aussi importantes, et viennent compléter la réponse à la première question.

Lequel de ces pieds est le plus fonctionnel? Même antérieur gauche, après 8 mois de parage (à gauche) et après 3 mois de ferrage, au début du (re)passage pieds nus (à droite)

Pensons aussi à la prochaine génération de chevaux qui arrivent. Eux n'ont pas encore connu les fers, alors peut-être n'en auront-ils pas besoin de toute leur vie. Et peut-être que si pour certains, mais il faut essayer pour savoir.

Décider de ferrer un jeune cheval, c'est une énorme responsabilité, bien trop souvent écrasée par le poids de la tradition. Pourtant cette décision, comme celles de l'âge du débourrage ou de la méthode d'apprentissage utilisée, aura des conséquences tout au long de sa vie. Ne la prenons pas à la légère!

Nous avons, vous avez toujours le choix des décisions que vous prenez pour vos chevaux, et ce ne sont pas les jugements d'autrui qui doivent vous forcer dans ceux-ci. Ce que j'aimerais simplement, c'est que chacun de ces choix soit fait en conscience, de façon réfléchie et non systématique. Le premier choix qui est fait pour la santé des pieds d'un cheval, ce n'est pas déferrer, c'est bien ferrer!

Alors voilà, je vous invite simplement à vous poser cette question avant de ferrer votre cheval : pourquoi ferrer ce cheval en particulier? En quoi en a-t-il besoin? Et de dépasser le simple et trop fréquent "c'est le maréchal qui m'a dit que ça n'irait pas s'il n'est pas ferré". Et alors, peu importe votre décision, elle aura été prise en conscience. Vous en connaitrez les raisons et vous saurez les expliquer si vous en avez envie. Et cette idée s'applique d'ailleurs pour beaucoup de nos décisions pour nos chevaux.

Et puis, n'ayez pas peur de revenir sur vos décisions. Votre cheval a trop mal aux pieds et il n'y a pas de solution pieds nus? Ferrez! Il n'est pas bien dans ses fers, et les changements de type de fers n'ont rien amélioré? Déferrez! Vous avez trouvé le professionnel qui travaille comme il vous convient? Suivez ses conseils! Nous changeons, nos chevaux évoluent, les techniques aussi. Alors n'oublions pas de continuer à nous poser des questions!

D'ailleurs, j'aimerai beaucoup connaitre le pourquoi de vos choix. Pas pour juger, mais au contraire pour comprendre ce qui peut nous guider vers l'un ou l'autre choix, parce que chaque histoire est unique. Pourquoi avez-vous ferré votre cheval? Ou pourquoi l'avez-vous gardé pieds nus? Ou déferré? Ou pourquoi avez-vous fait des choix différents selon vos chevaux?

1 mars 2018

Lancement de la Cavalcade des blogs n°44 : une question de confiance

1.3.18 18 Petits Mots
Il y a la confiance en nous que nous avons trouvée auprès des chevaux. Il y a la confiance dont nous avons besoin pour faire notre premier concours. Il y a la confiance donnée à un coach pour réussir à progresser. Il y a la confiance si précieuse que nos chevaux nous accordent, et celle que nous leur donnons. Tant de choses en équitation reposent sur la confiance.

Voici donc le thème de cette nouvelle Cavalcade des blogs : 

Une question de confiance


Aujourd'hui je vous invite à nous parler de l'importance de la confiance en équitation. Confiance en vous, en votre cheval, en votre prof. Cette confiance donnée, cette confiance qu'il vous reste à trouver. Le chemin vers la confiance, vos astuces, vos solutions pour la trouver. Ou peut-être un excès de confiance qui vous a un jour joué des tours. Parlez-moi de confiance, du point de vue du cavalier, de l'enseignant ou même du cheval. De manque ou de recherche de confiance. D'un événement particulier où la confiance a joué un rôle central, ou de son importance en général. À vous de choisir.

La Cavalcade des blogs, c'est un événement ouvert à tous, pour lequel nous vous invitons à participer sur un thème donné chaque mois. Vous avez donc jusqu'au 31 mars pour me transmettre votre participation, sous forme d'un article ou si vous le souhaitez en vidéo. Vous pouvez retrouver les participations à l'édition précédente, sur le thème des gros mots du cheval, sur le blog Pretty Riding.

Il y a juste quelques règles à respecter pour participer.


  • Si vous avez un blog ou une chaîne, publiez votre article sur votre blog ou votre vidéo sur votre chaîne et envoyez-moi le lien par mail ou dans les commentaires de cet article.
  
  • Si vous n'avez pas de blog, envoyez-moi votre article par mail (emilie[a]cavalierre.fr) ou en me contactant via ma page Contact, et je le publierai avec votre nom sur ce blog.

Pour être validée, votre participation doit être:
  • De nature non commerciale
  • Originale et unique (ne doit pas avoir été publiée ailleurs)
  • De qualité
  • Nouvelle (publiée pendant l’événement, et pas avant)
  • Dans le sujet du thème annoncé
Si c'est un article : 
  • Il doit contenir au minimum 400 mots et être rédigé en français, si possible sans faute. Les participations dessinées sont aussi les bienvenues.
  • Vous pouvez y inclure 2 liens vers votre blog ou site.
Si c'est une vidéo:
  • Elle doit être en français
  • Vous devez inclure dans la présentation un lien vers l’article de lancement (celui que vous être en train de lire), un lien vers la page de lancement de la Cavalcade sur Cheval-facile, et un lien vers le blog de l’organisatrice (c'est le mien 😉).



 
Voilà, vous savez tout. J'ai hâte de vous lire. Et si vous hésitez à vous lancer, surtout, faîtes-vous confiance!

24 février 2018

Du pouvoir des étiquettes

24.2.18 7 Petits Mots
«C'est un entier». Que pensez-vous quand vous entendez ces mots? Quelle image vous faîtes-vous du cheval en question? Quels sont les idées, les représentations qui vous viennent à l'esprit? Prenez quelques instants pour réfléchir à cette question.

Je vais en profiter pour vous parler de mon poulain. First, c'est un jeune Gypsy Cob de 3 ans. Un joli pie bai tobiano, des crins et fanons exubérants. Gentil, joueur, mais un peu envahissant. Sûr de lui et sans peur, qui affronte avec sérénité les monstres que je lui propose. Calme et confiant. Une bouille à bisous, un corps de rêve, une petite moustache coquine en hiver. Le tombeur des écuries, même avec de la boue jusqu'aux coudes. Toujours curieux,  souvent motivé, volontaire. Toujours zen, rarement inquiet. Capable d'une patience à toute épreuve couplée à une tête de mule carabinée, efficace pour faire comprendre quand il n'a pas envie. Avec une malheureuse tendance en ce moment à vouloir mordre ce qui passe à sa portée, moi comprise. Un petit malin, un brin provocateur, qui comprend vite ce qu'on lui demande. Bref, un jeune cheval qui découvre la vie avec joie et enthousiasme.

Tête de cheval en train de brouter derrière des fleurs blanches

Ah oui, et aussi, First est entier. Est-ce qu'il colle aux idées qui vous sont venues à l'esprit au début? Est-ce l'image que vous vous étiez faîte? Voyez comme ce terme a créé en vous une représentation, un cadre dans lequel vous pensez que le cheval doit rentrer.

Et cette étiquette nous précède partout. Quelle différence quand on cherche une pension pour une jument ou un entier! Quand je venais avec un poulain joueur qui a besoin de compagnie, on m'a souvent parlé de le sortir obligatoirement seul, de paddocks éloignés des autres,... On m'a dit «je peux pas, j'ai des juments»... Aujourd'hui, j'ai eu la chance de trouver quelqu'un prête à essayer de le prendre. Aujourd'hui, il est au paddock tous les jours avec un hongre, séparé par une allée du paddock des juments. Il n'y a pratiquement jamais de courant dans les fils du paddock, parce qu'il est hyper respectueux. Je peux croiser une jument sans qu'il exprime plus de curiosité pour elle que si c'était un hongre. Je cherche encore le méchant entier agressif et obnubilé par les filles. Alors oui, il est encore jeune, il va peut-être changer. Mais en attendant, c'est un hongre qui casse les fils de son paddock régulièrement et fonce sur les gens sur son passage. C'est un hongre qui l'attaque oreilles en arrière quand je passe devant son box. C'est une jument qui vient lui dire bonjour quand il pionce à l'attache à côté de son paddock.

Et malgré cela, l'étiquette revient. Il a tendance à mordre? C'est parce qu'il est entier! Il essaie de se cabrer pour impressionner? C'est parce qu'il est entier! Et vous savez le pire? C'est que moi-même je me fais avoir! L'étiquette devient la justification simple pour tout expliquer. Elle en vient à précéder l'identité du cheval, à conditionner les comportements que j'attends de lui. Des fois, moi aussi, je me dit «c'est normal, il est entier». Alors qu'en fait, c'est juste un jeune cheval qui découvre et qui s'exprime. Qu'il faut que j'écoute sans tenter de le faire rentrer dans une case.

Voilà la puissance d'une étiquette. Celle de mettre des représentations devant la réalité. Une étiquette peut venir à nous faire manquer ce qui est sous nos yeux.

Oui, "entier", dans le monde du cheval, c'est un gros mot. Un mot qu'on ne veut pas entendre, qu'il ne faut surtout pas prononcer. Parce que ce à quoi on l'associe fait peur, parce qu'on en a une idée de danger, qu'on lui donne une connotation négative. Cela ne devrait être qu'un simple mot, mais le sens lourd qu'on lui donne fait de lui un gros mot.

Cheval Gypsy Cob pie bai qui fait un flehmen

Des gros mots comme celui-là, des étiquettes, il y en a bien d'autres au pays des chevaux.

Certains ne sont pas très polis au départ, de vrais gros mots. Tiens, la pisseuse par exemple, cette jument caractérielle, désagréable, chiante. D'autres, le plus souvent, ont une apparence bien anodine. Le grand classique? Poney pardi. Vous savez, ce grand têtu, ce petit malin, mignon et coquin, mais mal éduqué et juste bon à apprendre l'équitation et l'art du vol plané aux enfants. Et puis, il y a toutes ces races à qui nous avons associé des caractéristiques. Trotteur, voire trottinette? Pur-sang? Cheval de trait?

Certaines de nos étiquettes sont même passées dans le langage courant : qui n'a pas une tête de mule dans son entourage? Pauvre mule qui n'a rien demandé à personne et qui est bien plus qu'un animal têtu!

Il y a des étiquettes qui viennent avec nos chevaux, et celles qu'on veut leur coller. Cheval de sport ou cheval de loisir n'ont ainsi pas la même image. Il y a des étiquettes assumées, et des étiquettes subies. Je refuse pour ma jument celle de "retraitée", parce que ma jeune mamie, malgré les joies de son début d'arthrose, est beaucoup, beaucoup plus qu'une tondeuse à gazon.

Bien sûr, il y a toujours un fond de vérité dans ces étiquettes. Nous les avons créés pour donner un cadre, pour mieux comprendre, pour guider notre compréhension de l'autre. Difficile d'oublier qu'on a un entier au quotidien. Mais il est important de ne pas se cantonner à l'étiquette, et surtout de ne pas y enfermer son cheval. De redonner aux mots leur valeur de mots, et non pas de gros mots. Apprendre à ne pas se faire dévorer par des idées préconçues, pas simple, mais pourtant essentiel. Il faut courir après nos interprétations, nos attentes, pour ne pas les laisser nous bloquer. Oui, on peut dresser avec un cheval de trait, sans se laisser enfermer derrière son étiquette de cheval lourd. Tout en n'oubliant pas les limites que lui impose sa nature.

Une étiquette, c'est un mot que nous attribuons au cheval pour le décrire. Ce n'est au départ rien qu'un petit mot, que nous chargeons de sens. De sens positif ou négatif, et souvent de beaucoup d'interprétation. Et c'est de là qu'il tire sa force. Les étiquettes sont puissantes, et selon l'usage que l'on en fait, elles peuvent devenir un moteur ou un frein.

Je vous invite à voir ces étiquettes comme des guides, des barres au sol qui tracent un chemin, une bulle de sécurité pour mieux comprendre le cheval, un cadre doux et léger comme une plume, un rideau insaisissable et transparent. Mais trop souvent, nous faisons de ces étiquettes des murs, nous les érigeons en barrières dans lesquelles nous nous enfermons. Les étiquettes deviennent alors des pièges et bloquent notre regard qui ne peut plus porter au loin.

Parce que nous sommes nous-mêmes responsables du statut que nous donnons à ces mots qui sont des cases, nous pouvons choisir de ne pas les laisser prendre le contrôle de nos choix et de notre relation aux chevaux.

Surtout que le cheval, lui, ne connait pas ces étiquettes, il ne voit pas le cadre dans lequel vous l'avez posé dans votre tête. Il pourra donc le franchir aisément, il n'y est pas enfermé. Il ne voit pas le mur que vous utilisez pour l'encadrer, alors il est fort possible que vous vous retrouviez soudain chacun d'un côté de ce mur de mots. Et c'est à vous qu'il revient dès lors de démonter ce mur pour retrouver votre cheval.

C'est nous, et seulement nous, qui donnons du pouvoir aux étiquettes. Mais nous leur en donnons souvent beaucoup. Nous devrions nous souvenir que les mots sont puissants. Il ont la capacité de nous aider à comprendre, à avancer, à construire, mais ils peuvent aussi enfermer, parfois inconsciemment, et nous prendre au piège des interprétations qu'ils dégagent. C'est le sens que nous leur donnons qui leur donne leur pouvoir, qui en fait des gros mots. À nous de les faire dégonfler pour les faire redevenir des mots-compagnons, des mots-guides, des mots-précieux. 

Lorsque que vous vivez des moments difficiles avec votre cheval, pensez à lever les yeux vers ces étiquettes que vous ou d'autres lui ont collées. Prenez votre courage à deux mains pour percer le ballon des interprétations associées à cette case parfois trop étriquée, pour faire pleuvoir le nuage des jugements et des peurs que ce gros mot a nourri, et retrouver le soleil d'un mot simple et léger qui viendra éclairer votre chemin.

Une bonne étiquette est factuelle, utile, évolutive, non-contraignante et sans aucun jugement. Une bonne étiquette, c'est un espace de liberté, pas un enfermement. Votre cheval n'est pas qu'une série d'étiquettes, il est un être unique, complexe et riche. Les mots vous aideront à le comprendre, à vivre chaque jour à ses côtés, à travailler en bonne harmonie avec lui. Prenez simplement soin de ne pas laisser les mots grossir au point d'éclipser l'être vivant derrière.

Les étiquettes ont du pouvoir, mais nous avons le pouvoir d'en faire nos alliées.


Alors, quelles sont les étiquettes qui s'appliquent à vos chevaux? Sont-elles choisies ou subies, et quel pouvoir leur donnez-vous?

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Cet article participe à la Cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Lisa, du blog Pretty Riding, sur le thème "Les gros mots du cheval". Il pourrait cependant aussi s'appliquer bien au-delà du monde équestre.

22 décembre 2017

Pour Noël, revenir à l'essentiel {Calendrier de l'Avent équestre}

22.12.17 6 Petits Mots

À deux jours de Noël, à mon tour de vous proposer votre surprise du jour du calendrier de l'Avent des blogueuses équestres. Aujourd'hui, je vous invite à vous offrir un cadeau qui n'a pas de prix. Un cadeau qui ne vous coûtera rien mais vous fera gagner beaucoup. 



Il s'agit simplement de vous offrir votre présence. De vous offrir un moment où votre attention est tournée à 100% vers vous et vos compagnons équins.



Enjoy!

Respirez profondément, déposez pour un temps vos soucis, faites taire vos préoccupations, rangez votre téléphone et votre envie de tout instagrammer au placard, ouvrez grand vos cinq sens et soyez là, simplement.


Remarquez le souffle qui s'échappe de ses naseaux dans l'air froid, respirez son odeur unique de cheval transpirant, sentez la puissance de ses muscles jouer sous vos cuisses. Entendez ses naseaux frémir pour vous saluer doucement, sentez le vent vous saisir de sa puissante étreinte, voyez le monde se parer de ces tons pastels hivernaux si doux.


Oubliez juste pour un jour, une heure, une minute, vos objectifs et vos difficultés. Redonnez-vous du temps pour vous souvenir de tout l'amour et toute la joie que vous partagez avec cet équidé si extraordinaire. Rappelez-vous que derrière tous les défis que vous vous lancez, il y a cette passion débordante de moments partagés avec un autre être vivant.


Oubliez pour un temps tous vos trucs et astuces, et revenez à l'essentiel, au cœur de votre histoire. Le reste attendra demain, et alors vous saurez encore plus fort pourquoi vous faites tout cela.


Cela ne sera peut-être pas facile, vous aurez sûrement envie de penser au coup de téléphone urgent à passer pour le boulot ou au cadeau du petit dernier que La Poste tarde à vous livrer. Ce n'est pas grave, il faut simplement vous autoriser à ne pas vous attarder sur ces idées pour vous attacher à celles qui vous sont chères, ici et maintenant.


Pensez à rire de son regard gourmand à la vue de la belle pomme que vous avez ramenée, à chercher le point gratouilles qui le fait kiffer, à savourer fort fort fort la douceur de sa tête posée sur votre épaule.


Voici donc un des plus beau cadeau à vous offrir, à lui offrir: oublier tous vos trucs et astuces, vos objectifs, vos inquiétudes, vos peurs, et revenir à l'essentiel. Juste une fois, aujourd'hui, être simplement là, avec lui, et accueillir chaque sensation entièrement.

Et demain, quand vous reviendrez à vos habitudes, gardez au fond de votre cœur cet essentiel qui vous anime et vous rend heureux.





Rendez-vous sur Hellocoton !

26 novembre 2017

5 étapes pour débloquer une situation en équitation

26.11.17 6 Petits Mots

Quel cavalier n'a jamais connu ces moments où il a l'impression de ne plus avancer? Que rien ne va, et qu'il n'y a aucune solution? Des moments de découragement, où on a un peu envie de tout laisser tomber et lors desquels on se sent nulle et incapable? 

Rassurez-vous, vous n'êtes pas seuls! Je suis en plein dedans avec mes chevaux, alors je vous propose 5 étapes à suivre pour débloquer un souci équestre.

Mon souci semble tout simple, mais il m'apparait comme une montagne. Je viens enfin de ramener mon poulain près de moi, et j'ai l'impression de ne pas savoir quoi faire avec lui, puisqu'à peu près tout est à faire et qu'il ne sait pas grand chose. 
Comment ça, tu veux me faire travailler?

Mais alors concrètement, on fait quoi?


Étape 1 : Identifier le problème

Se dire que ça va pas, qu'on stagne, qu'on n'a l'impression de ne pas avancer en ce moment avec son cheval, c'est bien beau, mais ça ne nous avance pas à grand chose. Il y a cette petite phrase que j'ai lue récemment (et dont je ne connais pas l'auteur), que je voudrais vous partager aujourd'hui:
"Pour combattre le mal, il faut savoir l'identifier"
Et oui, il faut commencer par comprendre le problème! Non, ce n'est pas parce que vous êtes nuls que vous n'avancez pas. C'est parce que vous avez un problème, et que vous ne savez pas encore comment le résoudre. Et pour le résoudre, il faut l'identifier. Cette étape n'est pas forcément la plus facile, mais elle est essentielle. Elle vous permettra de sortir de votre impression de stagner et d'être nul pour trouver sur quel point concret il faut travailler.

Pour cela, souvenez-vous que le cheval ne fait jamais quelque chose juste pour vous faire chier. Soit il ne peut pas, n'étant pas physiquement ou mentalement prêt, soit il ne comprend pas ce que vous lui demandez (ou l'intérêt pour lui de faire l'exercice), soit il a peur (d'un objet, d'une personne, du souvenir d'un événement traumatisant ou d'une douleur). Il y a toujours une raison à un comportement, et il est très important de la trouver.

Quelques exemples?
  • Mon cheval refuse systématiquement les oxers? Il a peut-être mal quand il saute, ou peur parce qu'il a panaché l'autre jour en concours. (C'était le cas de Jasmine en club avant que je la récupère. Avec le recul aujourd'hui, je pense que c'était son début d'arthrose qui devait la gêner et donc l'effort était devenu trop compliqué pour elle. J'ai pas réessayé les oxers depuis car ça ne correspond pas à nos objectifs. Par contre elle est toujours fan des verticaux.)
  • Je n'arrive pas à prendre la galop à juste en cours avec Pompom? Est-ce que je lui demande mal? Ou est-ce que c'est un cheval compliqué qui n'est pas adapté à mon niveau?
  • Mon cheval boite systématiquement quand je le monte? Est-ce qu'il a mal quelque part? Est-ce que son matériel est adapté? Ou est-ce que c'est un petit malin qui a remarqué que quand il boite j'arrête de le faire travailler et qu'il rentre plus vite mettre le nez dans le foin?
  • Je ne sais pas quoi faire avec mon poulain qui ne sait rien. Pour First et moi, je l'explique parce que je me laisse déborder par la multitude de possibilités et mon inexpérience avec les jeunes chevaux.
Une fois le problème identifié, on ne s'appesantit pas dessus, on passe directement à l'étape suivante.


Étape 2 : Se fixer un objectif réaliste et ambitieux


Maintenant que le problème est trouvé, il faut se fixer un objectif pour lui apporter une solution. 

Cet objectif doit être d'une part réaliste, c'est-à-dire qu'il doit prendre en compte vos capacités et celle du cheval considéré. Je n'irai pas en CSO amateur avec mon Gypsy Cob de 3 ans l'année prochaine par exemple.

Mais il est important que cet objectif soit aussi ambitieux. Il doit représenter un défi que vous avez envie de relever, il doit vous booster à sortir de votre phase de découragement, il doit vous aider à avancer.

C'est aussi un objectif qui doit vous parler à vous, pas être celui fixé par d'autres. Vous avez peur de sortir en concours de CSO? Faire un concours de CSO, comme vous le recommandent toutes vos copines, pourrait être un objectif, mais si vous n'aimez pas l'obstacle il n'a aucun intérêt. Mais pourquoi pas vous donner l'objectif de faire un concours de dressage?

Il faut aussi dimensionner cet objectif en fonction du problème: à problème simple, objectif simple et rapide, à problème complexe, objectif  élaboré.


  • Mon cheval refuse les oxers parce qu'il a mal => Je fais venir un ostéopathe.
  • Je n'arrive pas à partir au galop à juste avec Pompom parce que je lui demande mal => J'apprends à demander correctement le galop à juste.
  •  Je suis perdue pour travailler avec First => Je me lance le défi de l'emmener sur un concours modèles et allures GypsyCob ou Irish Cob en 2018. (J'ai bien dit à problème complexe, objectif complexe, réaliste et ambitieux!)
Ça y est, mon objectif est fixé, je fais quoi maintenant?


Etape 3 : Décomposer en petits objectifs simples

Un objectif ainsi fixé peut parfois nous paraitre démesuré. Alors on décompose en objectifs, vois en sous-objectifs, simples et rapides à obtenir. Cela permet d'une part de se rendre compte qu'il y a certaines choses qu'on sait déjà, et ensuite d'être moins effrayé face à l'énormité du travail à faire.

Cette étape n'est pas forcément nécessaire avec un objectif simple, mais je vous invite à y réfléchir quand même. Même faire venir un ostéopathe, qui parait très simple, se découpe en petit objectifs : identifier le pro qui me convient, l'appeler, trouver une date de RDV qui convient, et enfin assister au RDV par exemple. 


  • Je veux apprendre à demander correctement le galop à juste? Je demande à mon moniteur de me réexpliquer les aides, puis j'apprends avec un poney facile, puis je demande correctement avec Pompom et j'atteins mon objectif!

  • J'emmène First en Modèle et Allures en 2018?
    • J'identifie les concours prévus pas trop loin de chez moi (pas fait)
    • Je me renseigne sur les modalités pratiques de ces concours (à revoir)
    • Je désensibilise mon poulain:
      • aux trucs qui font peur (acquis)
      • aux chevaux au loin (en cours)
      • aux chevaux (et juments !!) proches (à commencer)
    • Je lui apprends à marcher en main
      • au pas (acquis)
      • au trot (pas fait)
      • à s'arrêter en même temps que moi (en cours)
      • à conserver l'immobilité (en cours)
      • en restant concentré sur moi (en cours)
    •  Je lui apprends à travailler en filet (il me semble que c'est obligatoire pour les entiers)
      • Je lui fait découvrir le mors (à faire)
      • Je reprend la marche en main en filet (à faire)
Je réalise alors que oui, je suis capable d'atteindre mon objectif, et qu'en plus j'ai déjà commencé!

Étape 4 : Identifier les compétences et connaissances nécessaires

Vous savez maintenant ce que vous voulez faire. Il vous reste à vérifier si vous et votre cheval avez les connaissances et les compétences pour réaliser chacun de ces objectifs.

Il s'agit de se demander "Que dois-je faire pour atteindre chacun de ces objectifs?", "Est-ce que je sais le faire?" et si besoin "Où et comment vais-je apprendre à le faire?".

Si vous savez déjà le faire, c'est top. Sinon, vous pouvez identifier ce qu'il vous manque (en appliquant à nouveau ces 5 étapes par exemple). Demandez-vous comment alors acquérir les connaissances qu'il vous manque: par vos amis, par les réseaux sociaux, par les blogs, par des cours avec un enseignant, à pied ou monté, par des cours en ligne, par des lectures, par des stages? Évidemment chacune de ces solutions à ses avantages et ses inconvénients, il est souvent très intéressant de les recouper.

Pour moi, ça sera cours de travail à pied (quand j'aurai trouvé un prof, tous les bons plans sur des personnes se déplaçant dans la Marne sont les bienvenus), cours en ligne (bientôt) et lectures (j'ai réouvert "Eduquer le poulain du sol à la selle " de Véronique de Saint-Vaulry et je commence déjà à appliquer petit à petit ses conseils).

Étape 5 : Agir!


Vous avez désormais toutes les cartes en main. Plus d'excuses, il est maintenant temps d'agir. Choisissez l'un de vos objectifs simples, et attelez-vous à sa réalisation. Puis passez au suivant, et vous verrez bientôt que vous avez recommencé à progresser. Bravo!


Parfois, il est possible que la réalisation de l'objectif ne résolve pas, ou pas entièrement, le problème. Ne vous découragez pas! Je vous invite alors à recommencer cette réflexion en 5 étapes, en n'oubliant pas de partir de la nouvelle situation et non pas du problème initial. 

Et bien sûr, vous pouvez aussi appliquer ces 5 étapes en dehors de l'équitation, pour toute situation où vous vous sentez bloqués.

Tout simplement:
  1. Identifier le problème
  2. Se fixer un objectif réaliste et ambitieux
  3. Décomposer en petits objectifs simples
  4. Identifier les connaissances et compétences nécessaires
  5. Agir!

Alors dites moi, quel problème vivez-vous aujourd'hui qui vous donne l'impression de ne plus progresser en équitation? Quel objectif allez-vous vous fixer pour le résoudre?


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Cet article a été écrit dans le cadre de la Cavalcade des blogs, organisée ce mois-ci par Nathalie du blog Les Supers Cavaliers, sur le thème "Quand on a l'impression de ne plus progresser..."




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29 octobre 2017

Le vieux cheval, un athlète heureux?

29.10.17 8 Petits Mots
Nos vieux chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux? Un cheval vieillissant peut-il rester un sportif bien dans ses sabots? Pour la nouvelle édition de la Cavalcade des blogs, Pauline nous invite à partager notre définition de l'athlète heureux. J'ai voulu m'interroger pour savoir si cette expression peut s'appliquer à tous les chevaux, et en particulier à ceux que l'on dit "vieux".

Évidemment, la définition du vieux cheval reste flou et pourrait faire l'objet d'une réflexion à part entière. Mais parlons ici de ces chevaux qui développent tout doucement ces pathologies liées à l'âge (arthrose, Cushing, fonte musculaire et autres joyeusetés...).

Alors un vieux cheval athlète, c'est quoi? Et est-ce vraiment possible? Ou nécessaire? Un athlète, c'est par essence quelqu'un qui pratique une activité physique. On peut aussi le comprendre comme quelqu'un qui entretient sa forme physique. Un peu contradictoire à première vue avec la santé qui diminue avec l'âge de nos chevaux. Et pourtant, si les vieux chevaux ne sont plus de très grands sportifs, il reste pour moi essentiel d'entretenir leur forme physique, pour leur permettre de conserver leur bien-être physique. Garder des muscles qui permettent d'atténuer les effets du vieillissement, de continuer à bouger et à s'activer. Garder la forme pour continuer à mettre la pâtée aux petits jeunes qui tentent de contester l'autorité des anciens du pré. Garder une mécanique bien huilée pour continuer à partager des moments de complicité avec son cavalier, à pieds ou monté.

"Vieille" et sportive (du dimanche...)

Et un (vieux) cheval heureux, c'est quoi? C'est un cheval qui ressent un bien-être mental. Ce qui pour moi passe avant tout par un respect, au mieux de ce qu'il nous est possible de leur offrir, de leurs besoins fondamentaux: des copains, du mouvement, et de la nourriture à volonté. Une vraie vie de cheval en fait, avec les adaptations nécessaires à ses âge et caractère. C'est un cheval à qui on laisse la liberté d'être lui-même.

Comment alors concilier ces deux idées? Le vieux cheval, un athlète heureux? Oui, si il a à la fois un bien-être mental et physique

Je crois même qu'il est essentiel de combiner aussi longtemps que possible ces deux éléments. Avoir au quotidien des conditions de vie dignes d'un cheval, et travailler régulièrement, le cavalier à ses côtés ou sur son dos, pour entretenir sa musculature et sa souplesse et donc limiter ses douleurs.

Mais aussi parce que bonheur du cheval et travail physique vont pour moi ensemble. Il ne sont pas dissociables. Un cheval à qui l'on offre une vie au pré avec copains n'y est pas forcément heureux. Surtout quand le changement est soudain et inattendu. Qui n'a pas connu ce vieux cheval de club qui est revenu de sa retraite parce qu'il déprimait au pré? Quid de ces grands chevaux de compétition qui meurent quelques mois après leur retraite bien méritée?

Avoir des activités avec son cheval, c'est non seulement travailler sur son corps, mais aussi prendre soin de son mental. C'est lui proposer des exercices pour le faire réfléchir et stimuler sa vivacité d'esprit, c'est lui proposer des nouveautés pour le changer de son train-train quotidien. C'est aussi continuer à le monter pour faire briller son expérience, et l'emmener en balade démontrer son envie de faire la course au grand galop avec ses potes.

Alors oui, il est possible de faire en sorte qu'un cheval qui vieillit reste un sportif heureux. Oui, nous avons le droit de monter encore nos vieux chevaux et de leur proposer de nouvelles expériences, tout cela dans le respect de leur intégrité.

C'est probablement pour cela que j'ai vraiment du mal avec cette idée qui considère que le vieux cheval ne doit plus être qu'une tondeuse à gazon, un retraité qu'il faudrait "laisser tranquille". Un début de pathologie de vieillesse et hop, on l'oublie dans un pré, parce qu'il y serait soi-disant heureux.

J'ai choisi de dire non à cette idée. Pour moi, un vieux cheval est avant tout un cheval. Un cheval avec une grande et belle histoire derrière lui, qui mérite notre attention et notre considération.

Ma jument a de l'arthrose. Elle boite régulièrement, particulièrement en carrière à une main. Pourtant je la monte encore (oui, j'ose!). Moins souvent, et principalement en balade. Et je peux vous assurer que dimanche dernier, elle n'était pas la dernière pour faire la course avec le petit jeune devant (bon, on n'a pas gagné quand même, mais il a quasi un tiers de son âge aussi le jeune!). Je m'interroge aussi beaucoup, et je suis loin de savoir quelles sont les meilleures solutions pour entretenir sa forme physique et atténuer ses douleurs d'arthrose. Mais quand elle me suit dans mes folies, je sais qu'elle n'est pas si mal dans sa tête. Et ça, ça n'a pas de prix.

Ma jument a peut-être 20 ans, mais je crois qu'elle est encore, au moins un peu, une athlète heureuse, parce qu'elle a une vie adaptée à ses besoins.


C'est ainsi que je vois le cheval athlète heureux, quel que soit son âge. Un animal qui a une vie équilibrée, dans le bien-être physique et mental.

Et selon vous, tous les chevaux peuvent-ils être des athlètes heureux?
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5 octobre 2017

Leur laisser leur liberté...

5.10.17 7 Petits Mots
Leur laisser leur liberté... de choisir leur emploi du temps. De manger quand ils ont faim, de dormir quand ils sont fatigués, de bouger quand ils en ont envie, de jouer comme des fous ou de se trainer comme des mamies.

Leur laisser leur liberté... de s'abriter quand le soleil brille et de brouter sous la pluie, et puis de faire l'inverse. De préférer l'abri en bois à l'abri bâché. De prendre la petite porte plutôt que la grande. De choisir leurs chemins préférés.

Leur laisser leur liberté... de préférer le foin à l'herbe, pour un temps ou tout le temps. De choisir une herbe plutôt qu'une autre, de préférer un brin à son voisin. De goûter toutes sortes d'aliments, et de les aimer, ou de les refuser.

Leur laisser leur liberté... de nous ignorer. De nous snober. Ou de nous réclamer encore un peu d'attention.


Leur laisser leur liberté... de venir nous coller


Leur laisser leur liberté... de choisir leur amis. Ceux qui montent la garde pour les laisser dormir, ceux avec qui partager le trou bien pratique du filet à foin, ceux pour gratouiller cette démangeaison mal placée.

Leur laisser leur liberté... de choisir leurs inimitiés. De couiner ou de grincer des dents, de s'éloigner de l'autre grincheux, de dire "Lui, je l'aime pas".

Leur laisser leur liberté... de s'exprimer. De dire non, pas envie, pas maintenant, ça jamais. Et de dire oui, de nous suivre dans nos folies et nos envies. D'accepter de nous emmener au plus haut niveau en compétition, ou de galoper dans les allées. De choisir leur allures, de temps en temps.


Leur laisser leur liberté... de nous accompagner dans des endroits inattendus

Leur laisser leur liberté... de proposer. D'essayer, de tester, de chercher, d'explorer.

Leur laisser leur liberté... d'être entiers. Un peu brutes, un peu coquins, mais tellement riches et complexes.

Leur laisser leur liberté... d'être des individus à part entière. Avec leur caractère, leurs manies, leurs peurs et leurs folies. D'être eux-même, totalement.

Leur laisser leur liberté... un peu, de temps en temps, et de plus en plus souvent.

Leur laisser leur liberté... dans le respect. Poser un cadre, des limites, leur offrir des possibilités, et les laisser s'y épanouir.

Leur laisser leur liberté... tout simplement.

Leur laisser leur liberté. C'est l'idée qui guide profondément mes choix avec mes chevaux. Leur laisser la possibilité d'être eux-même, de s'exprimer, de vivre leur vie en faisant leurs propres choix. De ne pas dépendre de l'homme à chaque instant, mais les laisser se prendre en charge, tout en fixant un cadre clair à ne pas dépasser. Être pour eux une guide plutôt qu'une dictatrice, une compagne plutôt qu'un tyran, une gardienne plutôt qu'une propriétaire, une amie plutôt qu'une cheffe.

Une idée qu'il m'est parfois bien difficile de concilier avec les contraintes de nos vies humaines, qui se heurte en ce moment à de nombreux obstacles, mais qui continue pourtant à briller en moi.

Leur laisser leur liberté. C'est ce que je souhaite à chaque cheval, à chacun de nos compagnons de vie équins, car il n'en deviennent que plus riches, et nous avec eux.

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18 septembre 2017

{Équitation} S'arrêter pour mieux recommencer

18.9.17 10 Petits Mots
"Arrêter l'équitation? Moi jamais!!!" On a toutes dis cela un jour ou l'autre, moi la première. Et puis parce qu'il ne faut jamais dire jamais, j'ai arrêté de monter à cheval. Deux fois depuis que je suis cavalière. Et même pas par obligation en plus.

Aujourd'hui, pour le retour de la Cavalcade des blogs, sur une idée d'Audrey, je vous propose de vous parler des bienfaits de ces pauses dans mon équitation. Parce que oui, elles n'ont pas été que négatives!


Je suis une cavalière un peu tardive, je n'ai pas commencé sur les shets à 6 ans, mais vers 13 ans sur nos célèbres doubles poneys. Et je suis devenue accro tellement vite que 3 ans plus tard je passais mon galop 6 et que j'avais une demi-pension sur une ponette de club (une certaine Jasmine...). Et puis...

Ben j'ai eu 18 ans, l'âge des études, la prépa, la fatigue, les week-end d'un jour et demi, les révisions,... Même si j'avais la possibilité de venir monter Jas le dimanche matin, j'ai préféré garder ma grasse matinée et j'ai arrêté complètement l'équitation pendant ces deux années. 

Bon alors pour mes compétences équestres et mon moral, soyons honnêtes, c'était pas franchement un bénéfice... Mais on a dit qu'on parlait du positif! Si ces deux années d'arrêt m'ont apporté une chose, c'est celle que j'ai comprise en remettant mes fesses à cheval en arrivant à Lyon. Qui pourrait se résumer par un "Plus jamais ça!". 

En effet, arrêter l'équitation m'a permis de comprendre que j'aime profondément ce sport, et surtout les chevaux. De comprendre que la relation avec les chevaux fait partie intégrante de mon équilibre.

Bon, parce que je devais encore avoir des doutes, j'ai quand même tenté à nouveau une pause, et j'ai arrêté un an en arrivant à Paris (celles et ceux qui ont un jour essayé de monter à cheval à Paris avec un salaire de doctorant me comprendront). Résultat des courses, cette fois j'ai compris que j'étais prête à accepter pas mal de contraintes pour pouvoir monter à cheval, puisque que j'ai recommencé à monter dans mon ancien club près de chez mes parents à 2 heures de Paris, tous les 15 jours.

Mais cette fois j'étais convaincue, parce qu'une des premières choses que j'ai faites en arrivant en Suisse, ça a été de me trouver un club, et tant pis s'il faut tenter de comprendre le Suisse-allemand pour ça. J'ai même tellement bien compris ça que quand ma jument est entrée dans ma vie, il n'était rien d'autre d'envisageable que de la faire venir me rejoindre, même si je devais repartir un an après, même s'il fallait lui faire faire 600 km, même s'il fallait réussir à franchir les frontières de l'UE.

Il y a eu aussi d'autres bénéfices à ces pauses: elles m'ont permis de savoir ce que j'aimais vraiment, sans être influencée par les contraintes et les orientations du lieu où j'ai choisi de monter à cheval. J'ai découvert les voyages à cheval, bien loin du club et du classique CSO. J'ai confirmé que j'aime profondément les poneys, ces petits chevaux au caractère de cochon et à la franchise rassurante. Grâce à ces pauses, je sais un peu plus qui je suis et ce que je veux en équitation.

Récemment j'ai testé un autre genre de pause équestre: une pause "bloguesque". Plus de quatre mois sans écrire. Un temps bien utile pour me ressourcer. Prendre mes distances, ne pas me forcer, pour pouvoir revenir sereine, quand l'envie d'écrire est revenue d'elle même. J'ai eu des moments de doute, et même hésité à renouveler le nom de domaine. Et puis du jour au lendemain, mon clavier a recommencer à me démanger, et je suis heureuse d'être à nouveau ici, avec un plaisir de partager retrouvé.

C'est donc pour moi un grand bienfait des pauses, en équitation notamment, mais cela peut s'appliquer à tout. Elles permettent de prendre du recul, de comprendre ce qui est important pour nous et ce qui ne l'est pas.

S’arrêter, c'est pouvoir recommencer. Autrement peut-être, un peu plus proche de soi, un peu plus clair dans ses attentes. Et profondément heureuse de s'y remettre, avec une envie renouvelée.

N'ayez plus peur de faire des pauses, elles seront peut-être difficiles, mais la joie de retrouver cette passion qui nous est si chère est incomparable.



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