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4 août 2016

Souvenirs de Mongolie - Impressions

4.8.16 10 Petits Mots
Steppes infinies. Galops éternels. Chaleur de l’accueil. Découverte. Animaux de tous poils et de toutes plumes. Nomades, fils du vent. Peuple cavalier. Petits chevaux et grands moments. Bruns et ocres des montagnes. Verts et jaunes de l’herbe rase. Blanc apaisé du paysage enneigé. Vagues mouvantes des troupeaux. Chants partagés. Le sourire de Boldo. Reflets d’un lac gelé. Intimité d’une yourte. Hors du temps. Liberté.
… Mongolie. Bonheur.




Il est difficile de revenir de Mongolie comme on en est parti. Dans ce pays exceptionnel, la réalité a dépassé le rêve. Ce que je n’avais pu imaginer, je l’ai vécu. Car les images des grands espaces, des galops infinis, ne peuvent refléter ce qui fait l’âme de cette aventure : la chaleur humaine.


J’avais rêvé les steppes immenses, sans fin et sans limites. Je les ai trouvées, mais avec elles un paysage sans cesse renouvelé, chaque jour changé, les montagnes, la vallée parfois creusée par la rivière, grands espaces au-delà de l’imagination.



Un monde non pas désert, mais habité, peuplé, animé par ceux qui sont ici chez eux. Hommes et animaux y ont trouvé leur place, si bien qu’ils forment un tout uni. Les chevaux, petits comme attendus, étonnamment peureux, et rapides, solides, confiants, endurants. Bref, des enfants du pays qui nous offrent les galops sans fin et les longs trots cadencés.


Et les nomades, un peuple vivant, ouvert, vrai. Une vie en phase avec le monde, la nature qui les entoure et pourtant bien connecté à la modernité.


Déconnexion d’un monde de folie pour rencontrer la liberté, le calme, un lieu d’équilibre de soi, où le temps sait prendre son temps.


Une découverte unique, partagée ici par ces quelques mots, pour vous faire toucher du doigt cet univers magique, décalé, différent, attirant, qui vous prend un bout de votre cœur et vous offre en retour les souvenirs uniques de ces moments inoubliables.



Pour cela, Boldo, Ash, Bagii, Kishke, Mende et Chimid-Dorj, je vous dis : « Bayar-la ». Merci aussi à Yerrult, Taiwna, Dembe, et à tous ceux dont je n’ai pas le nom mais qui ont été là. Merci à ce couple qui nous a ouvert les portes de sa yourte, sa maison, ce soir où il faisait si froid, et qui nous ont offert une chaleur bien plus que matérielle pour une nuit de sommeil. Je n’oublie pas non plus mes compagnons de voyage, Marion, Fred, Jean-Paul, Alain et Jean-Pierre, qui ont apporté et partagé leur joie de vivre et le bonheur de cette aventure.




Bayar-la.



Et si toi aussi, tu rêves de Mongolie, le récit de mon voyage commence ici.  Tu peux aussi retrouver tous mes articles en lien avec la Mongolie par là. Alors, prêt à partir?



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10 décembre 2015

Les coulisses de Randocheval Mongolie: l'aventure de faire voyager les autres

10.12.15 0 Petits Mots
Voyager à cheval, découvrir de nouveaux pays, rencontrer les peuples cavaliers... Des rêves qui peuvent devenir réalité presque facilement grâce au travail de passionné(e)s dont le métier est de faire voyager les autres. Sabine Grataloup a accepté de nous révéler les coulisses d'une expérience pas comme les autres, celle de la création de l'agence de voyages équestres spécialisée pour la Mongolie, Randocheval Mongolie.



Une découverte et une rencontre


Mai 2012: je pose pour la première fois les pieds en Mongolie. Un pays qui me laissera des souvenirs inoubliable, ce pays qui vous transforme et vous éblouit.

Ce voyage, il m'a paru simple: je me suis laissée porter par l'organisation de Randocheval Mongolie. Pourtant, il est le fruit de plus d'une année de travail. Retour sur la naissance de cette agence.

2011: Sabine Grataloup, directrice de RandoCheval, vient en Mongolie pour une randonnée de repérage. Elle y arrive sceptique, peu convaincue des possibilités de ce pays en matière de randonnée équestres. Elle en repart enchantée.
"J’ai été époustouflée par les paysages, bien sûr : le cliché des « grands espaces », on ne peut pas le comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu. C’est vertigineux, on perd tout repère, tout est grand, très grand. Il n’y a pas de barrières, le sentiment de liberté est indescriptible.

Puis il y a la rencontre avec les nomades, le contraste entre l’immensité à l’extérieur et le cocon chaleureux de la yourte. Leur joie de vivre, simplement, au rythme des troupeaux et des saisons, dans cette nature extrême qui nous dépasse. Et aussi la fragilité de leur mode de vie, menacé par les aléas du climat comme c’est le cas depuis des milliers d’années.


Et enfin les chevaux, ces petits chevaux qui semblent venus du fond des temps, à l’endurance incroyable, qui vivent libres toute l’année dans des conditions climatiques extrêmes, passant de -30° l’hiver à +30° en été. J’ai beaucoup d’amour et de respect pour ces chevaux qui n’ont jamais de nom."
S. Grataloup


Pourtant, organiser des randonnées équestres en Mongolie était compliqué. En effet, Randocheval n'avait pas trouvé de partenaire local fiable, contrairement aux autres pays du monde. Difficile pour l'agence de proposer des voyages de qualités. C'est une rencontre qui mettra Sabine sur la voie d'une autre solution.

En effet, en découvrant ce pays, Sabine y rencontre aussi Yeruult, un Mongol ayant vécu 15 ans en France. Parfaitement bilingue, il vivait de la précarité du métier de guide, ne pouvant travailler que l'été.

Ils choisissent alors de se faire confiance pour mettre en place leur propre structure qui répondra aux exigences des cavaliers français tout en étant au plus proche du terrain.
"Je dois bien dire aussi qu’à titre personnel, cette option me donne également de très bons prétextes de voyager régulièrement en Mongolie, ce qui a été ma motivation première !" S.G.


Le début de ce que Sabine Grataloup qualifie "d'aventure".

"Une grande aventure équestre et humaine"  


Créer une entreprise mongole est la seule solution pour pouvoir avoir officiellement une agence de voyages en Mongolie. C'est donc un défi administratif à relever, dans une langue inconnue en plus.
Il a fallu naviguer dans le maquis de la législation de ce pays encore très marqué par ses années communistes, avec en plus le handicap de la langue, c’était une expérience vraiment très différente de la création d’une entreprise en France ! Tout est compliqué : rédiger les statuts, trouver un comptable, trouver un bureau... S.G.

Un défi conclu par la naissance de Randocheval Mongolie, dont Sabine est la propriétaire et Directrice Générale, et Yeruult le Directeur Exécutif.


La suite de l'aventure est autre: il faut créer des randonnées, choisir des itinéraires, trouver des guides....

Chaque randonnée a sa propre histoire, chacune est née d'un souhait différent, que ce soit celui de découvrir la face hivernale de la Mongolie, celui de trouver un plus grand confort ou encore celui d'un voyage au long cours. Mais toutes sont nées de la même façon. Il y a d'abord eu une envie, un rêve d'aventure, l'identification d'un besoin. Et ensuite la recherche des solutions. 

Yeruult connait à la fois les cavaliers français et la culture nomade. Ces connaissances lui permettent de bien choisir les éleveurs qui guideront les randonnées, et de les former. Une fois les premiers contacts établis, une randonnée de repérage est effectuée, pour trouver le meilleur itinéraire et savoir à quoi la randonnée espérée peut réellement ressembler. Une étape indispensable pour que les clients n'aient pas de mauvaise surprise à leur arrivée. Vous pouvez d'ailleurs découvrir ici le récit de cette étape de repérage pour la mise en place d'une nouvelle extension de randonnée dans le désert du Bayan Gobi ouverte cette année.


Le choix de Sabine


C'est ainsi que nait une randonnée: un souhait personnel est la source d'inspiration pour un nouveau voyage qui sera proposé aux cavaliers de l'agence. Un exemple?

Saviez-vous que la Mongolie n'est pas seulement une destination pour le cavalier solitaire? Au contraire, Sabine a souhaité partager ce pays qu'elle aime tant avec ses proches: c'est ainsi que cet été, elle y a emmené ses deux enfants de 8 et 10 ans ... et leurs Mamies! 


Un voyage où la découverte des plus beaux sites de Mongolie est combiné avec le partage du quotidien d'une famille nomade. Un voyage que vous pouvez vous aussi réaliser. Avec des chevaux bien sûr, pour que ceux qui le souhaitent puissent profiter de l'immensité des steppes.


Mais en fait, pourquoi choisir la Mongolie? 



Vous le savez si vous me lisez, la Mongolie est un pays que j'invite tout un chacun à découvrir, un pays qui m'a profondément marquée, un pays d'infinis et de possibles. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement moi qui vous encourage à le découvrir, mais aussi Sabine.


Cavali'Erre: Et finalement, que diriez-vous à un cavalier pour le convaincre de choisir la Mongolie comme destination ?

S.G.: Je lui dirais de se préparer à une aventure qui va bouleverser tous ses cadres, toutes ses habitudes, équestres ou autres.


Les émotions équestres et humaines que l’on vit dans ce pays sont incomparables. Vous avez peut-être vu l’émission « Rendez-vous en Terre Inconnue » avec Bruno Solo : au moment de quitter sa famille nomade, il est ému aux larmes.


Soyez prêts vous aussi à être émus aux larmes, mais je vous promets que vous allez adorer cela !
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6 août 2015

De la steppe à la ville - Randonnée en Mongolie 8

6.8.15 6 Petits Mots
Après 10 jours passés à cavaler dans les steppes de Mongolie, le temps du départ était venu. Mais le retour à  la civilisation fait lui aussi partie intégrante du voyage. Souvenirs.
 
Le coude d'Uurt, dans la vallée de l'Orkhon

Ce matin, les rares courageux descendent un sentier escarpé pour rejoindre la rivière qui cache une source naturelle d’eau pétillante. Les autres, surplombant la vallée de l’Orkhon, admirent un magnifique panorama sur le coude d’Uurt, où la rivière, enserrée dans un profond lit de roche, s’oriente soudain vers d’autres horizons. Nous prenons en 4X4 la direction d’Oulan-Bator, avec les connaissances du terrain de nos guides comme seul GPS. Musique et chants mongols animent le trajet. Nous avons l’occasion d’emprunter une piste « 4 voies », où les 4X4 se coursent côte à côte, avant de rejoindre la route auprès d’une ville. 

Vue du bivouac du coude d'Uurt
Quand les courageux descendent à la rivière, les chauffeurs les observent

Progressivement, le paysage se transforme: les montagnes s’éloignent et s’abaissent pour n’être plus qu’un souvenir à l’horizon. La plaine devient moins rocailleuse et s’étend petit à petit dans toutes les directions, le sol devient poussiéreux et l’herbe s’assèche. Les signes de la présence humaine deviennent plus prononcés. D’abord, les longues lignes électriques qui s’étendent en ligne droite à perte de vue dans la plaine, avec leurs poteaux de bois aérien fixé à un poteau-support en béton enfoncé dans le sol. 

Le long de la route, nous croisons parfois quelques maisons de bois alignées, parfois un magasin et une station-essence, voire quelques yourtes qui font resto-route, et d’où les femmes sortent en faisant de grands gestes pour nous inciter à choisir leur « restaurant ». Une constante pourtant: les troupeaux, chèvres, moutons et chevaux, vaches plutôt que des yaks à cette altitude, et leurs éleveurs dont les yourtes sont  parfois aperçues. 



Le midi, ce sont les dunes de sables du mini-Gobi que nous retrouvons et découvrons pour le repas. Quelques dizaines de mètres de largeur pour ce désert en concentré, comme pour rappeler par contraste la force de la vie qui anime les steppes. Plus tard, nous croisons une ville, avec ses maisons de bois aux toits colorés côtoyant les yourtes. En fin de journée, les plaines se couvrent d’immenses champs, encore couverts, en ce début du mois de juin,  du chaume de l’été précédent, ou noirs de terre juste travaillée, et parfois visités par les troupeaux.



Les dunes du Mini-Gobi, mini-désert
 
Un désert en bordure de steppe
Pour notre dernier bivouac, nous installons le campement près de la réserve de Hustaï, paradis protégé où nous observons marmottes et chevaux de Prjevalski. Le soleil couchant teinte le ciel de notre repas d’une belle couleur orangée.
Les chevaux de Prjevalski, protégés et revenus à l'état sauvage: défense d'approcher

Le lendemain, nous rejoignons Oulan-Bator. Après la steppe des jours précédents, le monde semble sens dessus-dessous. En bordure de la capitale, beaucoup de maisons de bois aux toits colorés, entourées de palissades de bois comme dans les autres villes que nous avons croisées. Mais Oulan-Bator est bien plus grande, une ville de contrastes. On y trouve aussi des immeubles, souvent délabrés, surtout en périphérie, et beaucoup de terrains vagues. C’est au centre ville qu’une modernité galopante nous rattrape. Le bonheur d’une vraie douche chaude à l’hôtel, et le restaurant et ses spécialités de beignets de mouton. La ville est envahie par la foule: c’est jour férié, la fête de la femme et des enfants. Les rues et les places sont noires de monde.


Dans Oulan-Bator
En début d’après-midi, visite du musée d’histoire mongole, qui nous rappelle que l’empire mongol s’est étendu très loin grâce à Genghis Khan, « l’homme du millénaire », et un héros du pays. Après quelques slaloms dans les bouchons, c’est l’occasion d’une courte pause souvenirs, avant d’assister à un spectacle de chants et danses folkloriques. Costumes et chants sont magnifiques, étonnants, inattendus, venus de très loin et ancrés dans ce mode de vie que nous avons touché du doigt l’espace de quelques jours. Les habits rivalisent de couleurs. Comme les temples, ils animent et révèlent la joie d’un peuple dans un monde presque monochrome. 
 




Après un resto barbecue, nous finissons la soirée et le séjour par un karaoké privatisé, avec Yerrult, le directeur de l’agence qui est venu nous rejoindre, Ash notre traducteur, et nos deux chauffeurs. Là, dans cette petite pièce rien que pour nous, les chants et les cœurs s’entrelacent pour quelques moments de bonheur partagés.
Karaoké privé

Le lendemain, après une nuit courte et un réveil précipité, nous retrouvons l'aéroport. Le vent semble entendre notre envie de rester encore un peu, clouant notre avion au sol pendant plus d'une heure avant de se résoudre à nous laisser décoller. 

C'est ainsi que s'achève un voyage inoubliable, qui m'a laissé des souvenirs magiques et des rêves de liberté.
 

Retrouvez aussi tous mes articles sur la Mongolie ici.

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18 avril 2015

Transport mongol

18.4.15 13 Petits Mots

"Se déplacer": est-ce aller d'un point A à un point B ou bien errer sans but? Voyager ou bouger sur un trajet quotidien?

Il est tant de façon de se déplacer, et pourtant Ma' nous demande de l'illustrer en une seule image pour le projet 52 de cette semaine.




Se déplacer, c'est aller d'hier vers demain et prendre la train de la modernité. En Mongolie, se déplacer, c'est encore et toujours cavaler à dos d'équidé, mais il est une autre solution qui trouve sa place dans les steppes.



La moto, le mode de déplacement passe-partout qui se joue des gués et des accidents de terrains, et qui dévore désormais les kilomètres de steppe.




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26 mars 2015

Le Naadam, un concentré de l'âme mongole - Randonnée en Mongolie 7

26.3.15 9 Petits Mots
Le Naadam, la fête annuelle emblématique de la Mongolie. Moins connus que cette fête nationale, il existe aussi des Naadams régionaux, à plus petite échelle mais pourtant très impressionnants. C'est à l'un de ces Naadams que j'ai eu l'occasion d'assister de façon impromptue lors de mon voyage. Un concentré de culture mongole dont j'ai eu la chance d'avoir un aperçu.



Après une journée à destination des sources chaudes, voici le souvenir de cette journée particulière, conclusion en beauté d'une randonnée à cheval magique. (Astuce: Cliquez sur les photos pour les agrandir)



La table du petit-déjeuner

Les sources chaudes étaient au bout du monde, au bout du petit monde d’une vallée vivante traversée l’espace d’une demi-journée. C’est donc ainsi que, le lendemain, le chemin du retour nous mène de nouveau vers les steppes semées de roches volcaniques de la vallée de l’Orkhon, offertes comme des bras ouverts aux quatre vents au sortir de notre cocon montagneux. La pause est l’occasion de montrer que chacun a adopté les coutumes locales : quelle meilleure position pour se reposer qu’allongé sur le sol, appuyé sur un coude ou parfois les genoux d’un voisin.



La pause pour les chevaux...

... et les cavaliers!

Pause avec vue

Nulle fatigue pourtant chez nos étonnants petits chevaux, qui traversent sans fléchir ces immenses espaces d’un trot régulier. Vers midi, nous observons un étrange défilé : voitures chargées de famille entières, jeunes cavaliers sur des chevaux rapides, motos… Parfois même les uns et les autres vont ensemble, tel ce motard qui mène un cheval en longe derrière lui. Un par un ou par petits groupes, ils semblent unis vers un même objectif. Renseignements pris, une fête régionale du naadam aura lieu dans l’après-midi près d’ici. Une occasion à ne pas manquer, et nous gagnons le lieu de cette fête à travers un labyrinthe de roche. Si nous nous demandons parfois où nous allons au cœur de ce dédale, les nomades eux nous mènent infailliblement à bon port : il y a du mouvement sur la montagne en face de nous.


Parfois, on croise une ville aux toits colorés dans la steppe

Labyrinthe rocheux

De là-haut, le panorama est grandiose. Derrière nous, le labyrinthe rocheux que nous venons de traverser se révèle dans sa complexité. Et devant, une grande plaine s’étale à perte de vue, plus d’accidents de terrain ici, juste une région plane idéale pour rassembler hommes et troupeaux. Un troupeau immense de chevaux y est réuni, en ordre dispersé pour l’instant. Plus de 300 chevaux selon les organisateurs ! Au centre, c’est un ovni multicolore qui est posé. Une tente colorée, minuscule au cœur de cet espace, vue de si haut, perdue dans l’immensité. Elle est pourtant l’âme de cet évènement, le lieu où les concurrents du naadam peuvent venir s’inscrire. Le temps d’un repas, nous la voyons progressivement s’animer, s’organiser, attirer et regrouper chevaux, voitures et motos pour créer un lieu de spectacle vivant.


Immensité vertigineuse. Le petit attroupement à gauche, c'est la tente
et les points noirs à droite sur l'herbe verte, ce sont les chevaux.

La descente à pieds vers cette tente transforme en l’approchant les fourmis observées à distance en un ballet d’hommes et de chevaux, comme si nous étions soudain happés par la réalité de ce lieu. La steppe s’anime et grouille de la vie des nomades réunis en ce jour. Face à la tente, les voitures sont sagement alignées pour jouir du spectacle à venir. De l’autre coté, un alignement d’hommes nomades en del traditionnel forme l’autre coté de l’allée.


Quand les hommes créent une allée.

Remise en perspective

Première épreuve : le troupeau de chevaux est lancé au grand galop au centre de cette allée improvisée. Les cavaliers passent deux par deux. Objectif : attraper au milieu de la cavalcade un des chevaux en liberté, à l’aide d’une grande perche de plusieurs mètres terminée par une boucle de corde. Ceci en étant soi-même  à cheval et en démarrant de l’arrêt. Et attraper un cheval ne suffit pas, il faut aussi le stopper dans son élan et l’arrêter … ce qui peux prendre quelques centaines de mètres ! Le sol résonne lorsque passe le troupeau lancé dans un rythme effréné. Bientôt les chevaux en liberté sont partout, devant, derrière nous, tout près ou partis bien loin chercher un lieu plus calme. Nombreux sont les cavaliers à se lancer dans l’épreuve, vague après vague de chevaux, juments et poulains, mais peu réussissent.


Un cavalier prêt pour l'épreuve, avec sa perche, l'urga

Certains partent chercher le troupeau de chevaux: ils arrivent

C'est parti!

Deuxième épreuve : rodéo sur un jeune cheval non débourré. C’est le public, en cercle, qui délimite l’espace. Parfois très près des chevaux, si près qu’il faut s’écarter d’un bond pour ne plus être dans le chemin d’un jeune animal énervé.


Même pas peur!

Enfin, la dernière épreuve que nous observons : une urga, la perche utilisée plus tôt pour attraper les chevaux, est posée au sol. Il suffit de la ramasser… lancé au grand galop sur son cheval. Il faut un talent de voltigeur pour réussir. Mais bientôt nous laissons ce fourmillement de vie pour retrouver le calme de la steppe et le bonheur d’être à cheval avec l’espace devant nous, la liberté en nous et les montagnes pour toile de fond.


Quelle souplesse!

Nous installons notre bivouac de ce soir, surplombant le coude d’Uurt, sur l’Orkhon. Il est temps de partager un dernier « tortoï » et déjà les éleveurs nomades nous quittent sur un départ en beauté. Nos chevaux sont lâchés en liberté et prennent d’eux-mêmes au galop le chemin de leur maison. Et sur un dernier salut, les nomades partent quelques minutes plus tard, pour les suivre au grand galop, et disparaissent très vite à l’horizon.


Un dernier au revoir à nos guides, souvenir doux-amer.
Pour nous tenir compagnie cette nuit, ce sera concert d’aboiements. Nous avons, comme presque chaque soir, notre « chien de campement », attiré sans nul doute par nos restes qu’il pourra manger. Raison plus que suffisante pour lui de s’installer avec nous. Ici, les chiens sont laissés en liberté pour protéger les troupeaux, notamment des loups. Celui-ci reste avec nous cette nuit et nous protège en aboyant, répondant ainsi au chien du voisin.


C'est ainsi que s'achève la partie à cheval de mon voyage en Mongolie. J'aurais néanmoins la chance de voir ensuite des chevaux de Prjewalski avant de visiter la capitale. La fin du voyage que vous pouvez lire par ici.

Alors, qu'avez-vous pensé de ce Naadam? Est-ce ainsi que vous l'imaginiez? (Indice: pas moi!)



Retrouvez aussi tous mes articles sur la Mongolie ici.


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