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27 novembre 2015

Randonnée au Sénégal 3 - Terre de contrastes

27.11.15 6 Petits Mots
Et si je vous enmenais de nouveau en rando avec moi? Venez, pour affronter l'arrivée du froid, on repart au Sénégal. Après les oiseaux, je vous raconte ma découverte de la mangrove, à cheval bien sûr

Petit jeu: trouver la vache

Réveil face à la mer, sous le soleil et les palmiers.
 
Départ de la plage par les terres aux herbes brunes. Partout, toujours, encore les oiseaux, entendus ou entraperçus : calaos, courlis d’Abyssinie, vanneaux, …

Soudain, un horizon de verdure apparait derrière une étendue d’eau: c’est la mangrove. Du dos de nos chevaux, nous caressons le sable, voyage en bordure de mangrove. L’eau à nos côtés qui étincelle au soleil, et protège par sa présence la verdure d’autant plus tentante qu’elle est inaccessible.
 

Il y a un chacal sur cette photo... si, si, la forme au milieu, c'est un chacal!
Oiseaux, flamants presque roses qui marchent à l’égyptienne et s’envolent à notre approche, pélican géant qui veille sur son univers aqueux, crabes violonistes avec leur drôle d’allure asymétrique qui crépitent en équipe sur le sol. Là un chacal aux allures coulées tel un renard. Ici un zébu perdu derrière les arbres.
 
Pélican

Alors nous retrouvons l’univers des hommes, avec ses pirogues géantes et l’embarcadère « d’Akoulé ». Voilà un nom plutôt risqué au-dessus de l’eau!

Le pas de nos chevaux nous mène alors sur une large étendue de sable au bord de l’eau. Les salines, que nous traversons en suivant les traces d’un chemin sinueux. Cratères au cœur de sang, issus de la bataille des hommes, de la mer et du soleil. Tas de sels étincelants au soleil qui clament la victoire. Au galop, nous croisons un cheval curieux qui nous observe au pied de sa charrette penchée pour se reposer.
 
Les salines


Pour atteindre l’autre rive, nous devons contourner la mangrove. À peine le temps de saluer les travailleurs lors d’un passage à toute la vitesse de notre galopade, avant un passage dans la brousse et ses herbes brunes qui s’étendent jusque sur le chemin.
 


C’est alors le retour en bordure de mangrove, au bord de l’eau, au pays des hyènes que nous ne croiserons pas. Celle-ci nous offre une belle plage intérieure sur laquelle Molnai et moi semons notre guide dans une course effrénée. Heureusement, Molnai connait le chemin et je lui offre ma confiance pour me guider sans nous perdre. Notre retour au milieu des arbres est salué par le chant et la danse du calao.
 

Nous traversons alors les champs de cacahuètes, laissés vierges à cette époque de l’année, simples champs de sable marqués de sillons effacés. Puis retour dans les arbres et pause sous l’ombre des feuillus, aux drôles de feuilles ovales cartonnées.
 

Pause de midi, à l’ombre du soleil. Couscous et poissons avec Marie, et l’éternelle sauce aux oignons. Petite sieste, et le thé, jeu de patience, préparé et bien oxygéné par Doudou.
 
Pour Caramel aussi, c'est l'heure de la pause


Après-midi retour vers les salines, le sable et les arbres et les oiseux. Et le sable encore. Sortie de Palmarin le long de la mer, flamants et pélicans dans les étendues d’eau, canaux et plats de sable trompeurs.
 

Opération sauvetage de vache enlisée pour Doudou, exercice compliqué.
 

Retrouvailles avec la mangrove et sa population ailée. Nous y aventurer. Chevaux qui lèvent les pattes et remuent l’eau. Soudain, si vite : contraste. Désert immédiat, plat et sable étendu jusqu’au bout du regard. Traces de roues en tous sens, zigzag, perte de repères. Traces de hyènes. Sol qui change, tantôt couvert d’une couche craquante, tantôt mou, tantôt herbu, et son des sabots en harmonie.
 
Désert au sol surprenant et ciel menaçant

Tiens, des pintades, dont la course semble un vol sur le sol.
 

Un ciel qui s’assombrit, rideau tombant de dentelle grise.
 

Traversée de la mangrove, passage secret. L’eau qui monte, monte, et tunnel végétal les pieds dans l’eau. Derrière, les petits palétuviers, parsemés.

Passage secret sous les palétuviers

Horizon qui brunit, levée du vent, sable en tempête, ciel et terre uniformes de couleur. Il pleut ! Grand galop pour défier les gouttes, les bergers rentrent les bêtes et les enfants jouent sous la pluie.


Entre ciel et terre

Arrivée chez Hélène, nous mettre à l’abri. Regarder tomber les gouttes généreuses et denses. Tenter de se rappeler le soleil si intense du matin.


Confort spartiate, douche à ciel ouvert, sans eau courante.


La douche-toilettes... Et oui, c'est spartiate!

Tombée du jour sous la mélodie de la pluie sur le toit de palme. Détente. Grillons ponctués du cri des hyènes dans la nuit.



C'était l'histoire d'une nouvelle journée cavalière, des souvenirs d'un pays plein de chaleur pour contrer aujourd'hui l'arrivée de l'hiver.

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15 novembre 2015

Souviens-toi François : Liberté, Egalité, Fraternité

15.11.15 6 Petits Mots
Cher François,

Aujourd’hui, je voudrais te parler de ces gens que j’ai rencontrés, croisés pour un instant, un jour ou des années.


Il y a cette famille dont j’ai oublié le nom, après tout, je n’étais qu’une enfant. Mon premier thé à la menthe dans les règles de l’art, dans une cour poussiéreuse sous le soleil de Djerba, offert spontanément en remerciement à des inconnus et leurs petits-enfants, venus apporter des photos de classe retrouvées d’un grand-père ou d’un arrière-grand père.

Lui s’appelle B., il est Mongol, il croit je crois à l’âme du bouddhisme. Il a connu les hivers rudes qui vous glacent le cœur et ravagent vos troupeaux. Il a connu l’époque soviétique et l’oubli de la culture nomade. Il a connu l’alcool et son attraction dévorante. Aujourd'hui, il accueille les touristes et leur fait découvrir son pays avec un sourire d’où déborde la joie de son âme.
 

Il s’appelle D., il est musulman, enfin un peu, pas très pratiquant pour son Sénégal natal. Il lutte pour sauver sa petite entreprise et ses chevaux, sa passion, qui font découvrir les tans et les mangues aux visiteurs.

Il s’appelle Y-W., il est sud-coréen, et en quelques réflexions il m’a fait prendre conscience du fossé qui sépare nos deux cultures, lui qui se demandait si il est vrai que les français ne se lavent pas.


Elle s’appelle N., et quand je lui ai proposé un gâteau pendant le ramadan, elle a décliné d’un sourire. Avec B., elles m’ont offert une paire de boucles d’oreilles que je garde précieusement, pour mon départ de ce travail où j’étais leur collègue.


Elle s’appelle K., elle fait découvrir pendant ses vacances sa Pologne natale aux voyageurs de passage, avant de repartir explorer la vie en Chine pour ses études.


Elle s’appelle M., et parfois elle me parle de la guerre. De partir sur les routes pour fuir l’ennemi qui arrive, sans savoir où aller, et puis rentrer, et de sa vie dans un village occupé. Oui, parfois, elle me parle des allemands, ma grand-mère.


Il s’appelle K., il parle arabe, il est libanais, et il est catholique.


Il s’appelle R., et il me raconte les souvenirs de son enfance en Tunisie. De ce pays qu’il aime tant, dont il craint pour l’avenir. Il me parle de rentrer en France parce que c’est la guerre, mon grand-père.


Il n’est qu’un regard hagard croisé sur une photo dans un journal, un regard qui dit la fuite et la peur, et l’espoir d’un monde meilleur.


Elle s’appelle K., elle a mon âge, et pourtant, elle a connu les coupures d’électricité dans son enfance et les devoirs à faire sans lumière. Jeudi, elle avait peur pour les siens à Beyrouth, vendredi elle avait peur pour ses amis à Paris.


Elle s’appelle A., elle a rencontré R. la semaine dernière et partagé la musique avec lui. Samedi, elle a appris que cette première rencontre serait aussi la dernière.

Ils me disent la souffrance, ils me parlent d’espérance, ils croient en la tolérance. Ils sont d’ici ou d’ailleurs, citoyens du monde, et ils portent haut les valeurs de la France. Liberté, Egalité, Fraternité.



Et puis il y a toi, François. Toi qui t’appelle X., Y. ou Z.. Toi François le « Françoys », si fier de n’avoir pas une goutte de sang d’ailleurs. Toi, François, ou Françoise, qui me critique parce que j’ai n’ai pas brandi fièrement le drapeau de ma France avant aujourd’hui (même si je travaille pour elle, moi, mais ça tu y accordes peu d’importance). Toi qui n’as jamais franchi les frontières de notre si beau pays, toi qui n’a nulle conscience de ta chance d’y être né. Toi qui as grandi avec la paresse du confort et la faiblesse de l’âme qui jamais ne s’interroge. Toi qui rejette les réfugiés désespérés à cause d’un passeport retrouvé « comme par hasard » entier près des débris d’un écervelé. Toi qui accuse une communauté et la stigmatise sans même avoir jamais réellement échangé avec l’un de ses membres. Toi François, qui te replie sur ta pseudo-vertu de bon français et innonde les réseaux sociaux de lettres immondes.


C’est à cause de toi, François, toi et ta haine irraisonnée, que j’ai mal à ma France. Je pleure pour ceux qui sont tombés sous les coups d’une autre haine insensée, mais à cause de toi j’ai mal à mes valeurs (oserais-je dire à « nos » valeurs ?). Oh non, je ne suis pas parfaite, moi aussi je connais l’intolérance. Je ne prétends pas non plus que ceux que tu rejettes sont parfaits, mais je m’interroge. Je sais que le monde n’est ni tout noir, ni tout blanc, et je sais qu’il est beau aussi en dehors de ma France. Je sais aussi aujourd’hui ce que c’est que d’être l’étranger dans un pays.


Je crois profondément en nos valeurs, en cette solidarité qui s’élève comme en janvier des cœurs français. J’aimerais simplement, François, que tu ouvres un peu les yeux, que tu étendes ton horizon, que tu comprennes les enjeux du monde d’aujourd’hui, qu’ils sont bien plus grands que ta petite personne. S’il-te-plait, François, rend-moi fière de notre France.


Liberté  Égalité  Fraternité.



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Il y a peu, ma copine blogueuse Aileza nous proposait d’écrire une lettre à François pour l'After des Apéros Cosmiques. J’aurais voulu cette lettre pleine d’humour et de légèreté, mais la vie en a décidé autrement. Alors je lève mon verre en hommage à ceux qui nous ont quittés trop tôt, et à mon pays que j’aime tant.




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13 novembre 2015

Le Gurten: la nature au coeur de Berne

13.11.15 4 Petits Mots
Aujourd'hui, je vous invite à une petite promenade en images. Ma découverte du Gurten, la montagne qui surplombe Berne. 860m d'altitude, et surtout accessible en transports en commun à moins de 15 min du centre-ville. Une jolie excursion tout près de chez moi, et une vue à 360°C sur la ville et les montagnes, avec un grand soleil et un ciel dégagé sur les montagnes enneigés. En grande sportive que je suis, j'ai fait la montée en funiculaire, mais quand même la descente à pied.

 
Vue aérienne sur Berne


La tour en haut de la montagne

Berne, la vieille ville et l'Aare

Le palais fédéral

Campagne Suisse

Au loin les Alpes enneigées

Les vaches qui surplombent la ville

Heureuses les vaches du Gurten!

Horizon

La ville au loin

Ville et feuillages

La poubelle dans les bois, ou pourquoi la Suisse est si propre

Chemin d'automne

Voilà quelques images de ma chouette nouvelle ville. Et le bonus: mon centre équestre est situé au pied du Gurten, et il organise des balades certains dimanches :-)
 
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5 novembre 2015

Prendre des cours d’équitation dans un autre pays: j’ai relevé le défi

5.11.15 8 Petits Mots
Partir vivre dans un autre pays, même proche du nôtre comme l’est la Suisse, c’est découvrir une autre culture, des différences qui touchent tous les aspects de la vie, même pour le sport. L’équitation ne fait pas exception.

Je vis désormais à Berne, capitale fédérale de la Suisse et où la langue parlée est le Suisse-Allemand. Non pas l’Allemand, que je parlais plutôt bien il y a quelques années et qui me revient progressivement, mais un dialecte local très particulier qui reste encore très incompréhensible à mes oreilles françaises.



En cherchant un centre équestre, le premier défi est donc de comprendre et de se faire comprendre ! Heureusement, la plupart des Suisses-Allemands parle aussi allemand, avec plus ou moins d’accent il faut l’avouer, et parfois le français.


Le deuxième défi, c’est de trouver les adresses des centres équestres alentours. Non seulement il n’y a apparemment pas de fédération comme la FFE avec un super site web avec une liste des centres équestres suisses, mais en plus à Berne, la « Reitschule » (littéralement Ecole d’équitation), c’est une salle de spectacle ! 


Le troisième défi est lié aux horaires : dans ce pays où les magasins ferment à 17h le samedi, il n’y a le plus souvent pas de cours d’équitation le samedi après-midi, jour où j’avais du temps pour partir en repérage.


Bref, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis armée de ma conviction de cavalière que monter à cheval mérite bien de relever ces défis. J’ai réussi en explorant le web à trouver quelques adresses et j’ai écouté la douce voix informatique de mon GPS. 


Premier essai, personne à l’horizon, des poneys avec des couvertures usées qui errent dans une carrière, je repars. Deuxième essai. Ça commence mieux, y’a du monde ! Une cavalière sympa prend même le temps de m’orienter vers la mono, dont j’attends la fin du cours avant d’aller la voir. Première impression plutôt positive : elle s’occupe de ses cavaliers avant des visiteurs. Deuxième point positif : je comprends son allemand. Quand je lui dis que je monte à cheval depuis 15 ans (déjà !), elle me propose de rejoindre le cours de niveau avancé. Ouf, pas besoin de passer les diplômes suisses ! Allez, je me lance, RDV dans 3 jours pour un essai.


Attention, première épreuve , celle de l’attribution du cheval. Après avoir retenu un fou rire et m’être interrogée sur l’humour suisse en apprenant le nom de mon cheval, je fais connaissance avec « Findus » (prononcez « fine-douce »), petit alezan costaud et courtaud (oui « fine-douce » est couleur moutarde…). Je ne sais pas si ce choix est un test pour connaître ma résistance à l’absence de confort à cheval, mais je découvre aussitôt les joies du tangage de gauche à droite puis de droite à gauche sur cette monture aux allures très (très) marquées.


Heureusement il y a Findus... La preuve que je ne l'ai pas inventé!

Au-delà de la barrière du langage, j’ai découvert ici une toute autre conception de l’enseignement de l’équitation. D’abord on choisit un cours, soit dressage, soit obstacle (enfin « gymnastique de saut », j’aime bien ce petit nom), mais on ne mélange pas les deux disciplines. Je rejoins donc pour l’instant un cours de dressage (mais mon petit doigt me dit que je ne vais pas tarder à tester le CSO au pays du champion olympique). Et là, retour à mes débuts de cavalière : on travaille toute la séance en reprise, les unes derrière les autres ! Ce qui est très très bizarre pour moi qui aie l’habitude de détendre et travailler individuellement. Mais je dois avouer que c’est super pratique pour savoir ce qu’il faut faire, vu que je ne comprends pour l’instant que la moitié des consignes. Il suffit de copier celle qui est devant. Normalement, la monitrice explique en suisse-allemand puis en allemand puisque nous sommes 2 à ne pas comprendre le suisse-allemand. Je me demande pourtant souvent quelle langue elle est en train de parler… Je vous laisse imaginer le résultat et mes yeux ronds au moment où je me suis retrouvée en tête et que la mono m’a donné une consigne !


Finalement, le fait de travailler en reprise est un avantage pour moi dans cette situation, puis que cela me laisse un peu plus la possibilité de me concentrer sur la compréhension des consignes. Cela permet aussi à Anita, la mono, de se concentrer sur chaque personne l’une après l’autre à chaque fois qu’on passe devant elle. Personne n’est oublié :-) J’ai aussi été étonnée du nombre d’exercices différents qu’on a pu aborder dans une séance. Et en plus, j’ai compris toute seule ce qu’est une« Schlangenlinie » (littéralement « ligne de serpent »).


L’autre point qui m’a surprise au départ, c’est que l’enseignement est plus focalisé sur le travail du cavalier que du cheval. En France, les cours étaient souvent orientés vers la réussite ou non de l’exercice par le cheval, et comment améliorer son travail. Ici, si le travail du cheval est important, c’est principalement sur le cavalier que l’accent est mis, et notamment sa position. Si je n’ignorais pas mes défauts de position, je n’avais pas tendance à me focaliser sur ceux-ci. En moins d’une séance en Suisse pourtant, je comprenais déjà très bien les « redresse tes épaules » et « regarde au loin » en allemand tellement je les ai entendus !


Tellement d’informations à digérer, une autre langue à comprendre, une autre culture équestre à laquelle il faut m’adapter, tout cela fait que j’étais très tendue et que j’ai même réussi à avoir un point de côté (après un long moment de trot assis sur le dos d’un Findus très inconfortable, rappelons-le néanmoins). Ce jusqu’au moment où, alors que je galérais avec ma positon au galop, Anita m’a rappelé d’une phrase très simple ce principe universel qui unit tous les cavaliers et toutes les équitations : « Du muss es geniessen » , « Tu dois (le) savourer ».


Ainsi, je découvre une équitation différente de celle dont j’ai l’habitude dans son enseignement, mais qui va de toute évidence m’apporter des choses nouvelles, et me permettre de travailler d’autres caractéristiques de mon équitation (ma position, aïe !). Je trouve que cette remise en question de mes habitudes en les confrontant à une autre culture est source d’enrichissement et de progrès. Une chose est sûre, je ne regrette pas d’avoir tenté l’aventure des cours d’équitation dans mon nouveau pays !


Un autre point appréciable dans ce pays, c’est la confiance. J’ai donné mon nom et mon adresse sur un bout de papier, demandé un abonnement de 10 séances, et j’attends toujours la facture. Bref, j’ai fait deux cours d’équitation dans un club qui ne me connait pas sans avoir besoin de payer à l‘avance. Et ça, c’est surprenant pour un Française, mais tellement agréable.

Maintenant, il ne me faut tester les cours d’obstacles  en Suisse : c’est prévu pour ce soir :-)



http://www.cavalierre.fr/search/label/Je%20dis%20voyage...

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29 octobre 2015

Berne - Premières impressions

29.10.15 9 Petits Mots
Bern(e). Ma nouvelle ville. Découvrir un nouveau pays et une nouvelle ville où l’on va vivre est bien différent de les découvrir en voyage. L’inconnu devient une source de questions et d’interrogations sur la nouvelle vie qui s’annonce, le stress et les obligations prennent le pas sur la découverte. Pourtant, j’ai eu envie de découvrir cette ville avec les yeux émerveillés du voyageur. Alors quelques heures, j’ai délaissé mon habit de jeune emménagée pour partir visiter ma nouvelle ville. Et j’ai rencontré une ville que j’ai envie d’explorer, et où j’ai envie de vivre (ça tombe bien !). Premières impressions sur une nouvelle vi(ll)e.


Berne, capitale fédérale, et pourtant si différente que la Capitale française que j’ai trop connue. La modernité fait ici face à la tradition, des chalets à l’ancienne et des toits traditionnels face aux immeubles à la géométrie moderne trop carrée. Le tout enveloppé d’un couvert de verdure aux accents automnaux. Des hauts et des bas, des bas et des hauts, entre les constructions parfois l’œil rencontre au loin les montagnes enherbées. Les parcs ouverts nuit et jour, et soudain la perspective. Le regard qui dégringole sous la rambarde, et la rivière et ses voisins là en bas. Capitale tout en courbes et de douceur chaleureuse. Seule la langue ici parlée est rude, insaisissable. L’envie d’explorer ces contrebas qui se dérobent à l’œil.

Reflets sur l'Aare

Mon appartement près de tout, aux côtés du centre-ville. Juste le travail est un peu plus loin, mais avoir les moutons en face de son bureau en plein dans une capitale européenne, ça n’a pas de prix ! 


Partir de chez moi, me laisser entrainer dans la descente. Une école au milieu des arbres, au loin un bâtiment officiel et ancien surplombe la ville. Ces verts fades sur les feuilles qui s’éteignent comme pour laisser place aux rouges et ors automnaux qui s’éveillent. À peine plus loin, tout en bas, ce grand parc qui est l’été une piscine de plein air. Des courageux bronzent sur les planches en cette journée fraiche mais ensoleillée. Tout autour, innombrables les cabines aux portes de bois passé se tiennent au coude à coude, comme pour garder ce trésor de nature de la ville avoisinante, qui pourtant le côtoie sans le menacer.


La piscine du Marzili surplombée par le Parlement

Soudain la voilà, la responsable de ces altitudes différentes. L’énergique et limpide rivière Aare, qui trace son cours sans se soucier des hommes. Quelques escaliers mènent à son chevet, pour tester ceux qui oseront braver son courant puissant. Je quitte le parc Marzili pour l’accompagner. Pour la traverser je pourrais prendre ce petit pont ici qui la caresse presque, où l’autre tout là-haut, celui qui fait le dos rond de sa colonne de métal pour éviter de trop s’approcher. Mais je choisis de la longer seulement, et de profiter des aperçus sur le lointain que son passage me donne. Quand sa route est barrée par l’Homme, elle franchit l’obstacle en grondant, au grand plaisir d’un pêcheur qui l’attend juste après sa chute.


Pont et barrage

Ici, les maisons ont des coiffures de Playmobil!

Je laisse alors l’Aare à son combat bruyant avec le barrage, et lui tourne le dos : la pente qui longe la rivière est raide mais habitée. Entre deux immeubles pourtant, bien caché se trouve un escalier. Vulgaire escalier de pierre qui tente de se faire le plus discret possible pour ne pas se révéler à tous. Seulement après quelques marches et quelques détours, la pierre cède la place au bois. Marches de bois sous un toit protecteur de la même matière, une ascension anachronique dans une pénombre aux lumières allumées même de jour, qui serpente entre les constructions. Presque en haut, des persiennes donne un dernier aperçu sur la rivière bordée de l’autre côté par la forêt.


Petit escalier de bois qui serpente sur la pente

Mais ici c’est la pierre qui prédomine. J’ai atteint le centre-ville, l’âme de Berne et le cœur de sa vie. Drôle d’uniformité dans la couleur grisâtre un peu triste des façades, mais une profusion d’arcades et de sculptures comme pour démentir cette austérité de teinte. Rues pavées, larges arcades pour abriter les piétons, à chaque bâtiment son style. Ronde ou carrée, fine ou large, sculptée ou lisse, chaque arcade proclame sa spécificité, surtout ne pas trop ressembler à sa voisine, tout en lui restant liée. Dans l’ombre des arcades se trouvent de nombreux magasins, et des armoires de verres au bord de la rue proclament leur présence. Entre les arches, de nombreuses portes penchées, comme des accès fermés à un monde souterrain et inconnu. Les rues se peuplent à nouveau, et à la rudesse du suisse-allemand-bernois se mêlent de nouvelles langues que parfois je comprends.


Arcades bernoises

Des arcades qui s’étirent ainsi dans toutes les directions et courent les rues. Parfois seulement une église aux formes élancées ou une tour de l’horloge imposante viennent troubler leur fier ordonnancement. Dans les rues des traces parallèles, au sol et dans le ciel, marquent le passage régulier des bus et des trams, dont le rouge éveille la vieille ville. D’ailleurs la gare est leur domaine. Une vague haute couvre ce cœur de ville où les longs véhicules se croisent en un ballet finement chorégraphié. Autour les Hommes se croisent et s’entremêlent dans des directions jamais prévisibles.



Laisser mes pas me porter plus avant, m’éloigner de l’animation du centre-ville. Croiser des drapeaux géants aux couleurs de pays qui n’existent pas, une ambassade des Etats-Unis aussi austère que le garde qui la surveille, une drôle de maison comme un fragment de montagne posé en ville, fièrement nommée « La Prairie », et un petit parc toujours ouvert avec une fontaine à l’eau chantante. Bientôt je retrouve un chemin qu’en quelques jours j’ai appris à reconnaitre, celui qui résonne comme le chemin de ma nouvelle maison. Marcher alors encore entre les immeubles, et puis retrouver cet appartement que je continue de m’approprier.

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25 octobre 2015

Reflets d'automne - Instantanés Singuliers

25.10.15 8 Petits Mots
Rouges, ors et bruns,
Oranges étincelants,
Reflets scintillants,
A l'automne l'Aare se pare
De couleurs avec art.
Sous quelques feuilles d'automne une rivière,
et le bonheur est dans l'air.



Au cœur de Berne coule la rivière Aare, serpent de nature sauvage doré par les couleurs d'automne. Voici un premier aperçu de ma nouvelle ville, pour les Instantanés Singuliers de Marie Kléber.


Photo prise cet après-midi au cours d'une promenade, et voici une deuxième photo avec laquelle j'ai hésité.

 
Pour vous montrer la vitesse du changement de couleur des arbres, ces deux photos ont été prises à 3 semaines d'intervalles.

 
Si vous découvrir avec moi cette nouvelle ville où je viens de m'installer, rendez-vous jeudi à 16h sur le blog!